Langue

Les premières réactions à la disparition de Christian Bourquin ont été formulées ce 26 août par François Hollande, Président de la République, le député socialiste des Pyrénées-Orientales Jacques Cresta et le maire UMP de Perpignan, Jean-Marc Pujol. La mort de l’ancien président du Conseil général invite également le président de l’UMP des Pyrénées-Orientales, François Calvet, à réagir. Dans un communiqué, son ancien rival à la députation, d’un an son aîné, reconnaît en lui, au-delà des « convictions fortes qui nous séparaient », une « même envie que nous avions de défendre l’intérêt général et ce territoire ». Le maire du Soler salue un « travailleur infatigable », auteur de réalisations telles le Parc Marin et la « mise en valeur du site de Paulilles », la « reconnaissance de Canigou Grand Site » ou le « classement au Patrimoine Mondial de Mont-Louis et Villefranche-de-Conflent ». Hermeline Malherbe, présidente du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, avoue « perdre un ami et un modèle ». Elle estime au sujet de son parrain : « c’est lui qui a modernisé le Département face aux enjeux du XXIème siècle ».

Jacqueline Amiel-Donat : « il est mort seul »

La porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, Agnès Langevine, fait pareillement abstraction des vieilles rancoeurs et souligne que Christian Bourquin a « incontestablement marqué la vie politique catalane ». Elle évoque des « divergences politiques profondes » mais salue, au nom de son parti, un « engagement et un parcours », tout en adressant ses condoléances « aux militant-es socialistes des Pyrénées-Orientales ». Plus directe, l’ancienne chef de file socialiste à la mairie de Perpignan, Jacqueline Amiel-Donat, évincée en juin 2013 sur ordre du défunt lors d’une étrange élection primaire, affirme sur France Bleu Roussillon que Christian Bourquin « est mort seul » car « on ne lui connaissait pas de véritables amis ». Pour Bruno Delmas, son chef de cabinet au Conseil général de 1998 à 2001, Christian Bourquin a pu bâtir le volet catalan de son parcours car « l’école Frêche était à l’œuvre« . L’ancien collaborateur rend hommage à l’homme et à sa capacité de travail mais constate, au final, une « absence de projet (…) dramatique pour le département ». Il estime que le disparu « n’était pas le sectaire décrit par ses adversaires ». De son côté, le maire UMP de Saint-Cyprien, Thierry del Poso, s’enflamme à l’évocation d’une personnalité qui a « incarné un département fort de son identité catalane au plan national et international ». Il souligne l’action de « défense de notre territoire par le label Sud de France » entreprise par Christian Bourquin, dont il partageait l’idée de maintenir en l’état la Région Languedoc-Roussillon, sans fusion avec Midi-Pyrénées.

De la reconnaissance au sectarisme

Dans le flot de réactions, le parti centriste Convergence Démocratique de Catalogne, ne « partageant pas sa vision politique, économique et culturelle », remarque cependant la « pugnacité, la détermination, et l’engagement de ce militant historique du parti socialiste en Pays Catalan ». Pierre Aylagas, député socialiste et maire d’Atgelès-sur-mer, se rappelle un « tempérament de lutteur », un « homme de conviction« et un « rassembleur ». Il avoue que les prises de position du leader socialiste « pouvaient parfois heurter » mais leur reconnaît la vertu de « faire bouger des lignes qu’il jugeait trop figées ». Le Mouvement Démocrate des Pyrénées-Orientales, par la voix de sa déléguée Christine Espert, met en avant des « désaccords » avec les « choix économiques et stratégiques » de Christian Bourquin pour le territoire. Mais il relève un profil de « vrai combattant politique : solide, énergique, passionné et obstiné ». Nettement plus sévère, le représentant du Front National dans les Pyrénées-Orientales, Louis Aliot, ancien conseiller régional du Languedoc-Roussillon, garde le souvenir d’un « sectarisme à toute épreuve ». Il estime ne pas percevoir d’action qui « marque la gouvernance de Christian Bourquin ».

Partager