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Sept ans après l’épisode de la Septimanie, qui avait mobilisé un pan de la société des Pyrénées-Orientales défendant la bipolarité de la région Languedoc-Roussillon contre son président, Georges Frêche, son successeur et dauphin socialiste Christian Bourquin tient sa revanche. En effet, après plusieurs années de centralisation discrète, vers Montpellier, de nombreux mécanismes de pouvoir propres à Perpignan, M. Bourquin avouait publiquement sa stratégie, lundi 25 novembre lors du « dialogue territorial en Languedoc-Roussillon », au Palais des Rois de Majorque de Perpignan. Ce rendez-vous, consacré au développement économique, a réuni notamment le préfet des Pyrénées-orientales, René Bidal, et Jean-Paul Alduy, président de l’Agglomération Perpignan Méditerranée. Répondant au discours de ce dernier, qui fonde sa stratégie de développement sur la dualité régionale « avec un quadrilatère fondamental autour de Montpellier et un Sud autour de Narbonne-Perpignan inscrit dans une démarche transfrontalière », M. Bourquin a défendu une centralisation régionale intégrale car « Montpellier est la capitale de la région, comme Paris est la capitale de la France ». L’ancien président du Conseil général des Pyrénées-Orientales a également confessé une nécessité « d’équilibre entre la capitale régionale et les territoires » et signifié que « la bipolarité avec la Catalogne n’est plus viable maintenant » avant de conclure « Il n’y a pas de bipolarité pour moi ».

Une forme d’insoumission régionale

Après une série de déclarations et d’actions dans ce sens depuis son accession à la présidence régionale, le 10 novembre 2010, le président catalan défendait le 20 novembre 2012 une version au rabais de la nouvelle Ligne à Grande Vitesse Perpignan-Montpellier, au détriment des flux de marchandises remontés du port de Barcelone, mais surtout du développement économique de la plaine du Roussillon et de Perpignan, pour longtemps encore isolée et socialement sinistrée. Dans cette véritable inféodation de Perpignan et du Pays Catalan à Montpellier, aucune des formations politiques de tendance catalaniste, autrefois fers de lance du mouvement populaire, ne réagit aux propos du président de la « Septimanie », alors que Jean-Paul Alduy et une partie de la droite catalane appelleraient officieusement à une forme d’insoumission régionale face à une centralisation à marche forcée, menée par le pouvoir socialiste, pouvant définitivement condamner Perpignan.

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