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Les résultats du Front National dans les Pyrénées-Orientales, au second tour des élections départementales, dimanche 29 mars, démontrent un franc soutien. Si les élections municipales de 2014 avaient suscité des pointes à 47 % dans le cadre de duels, ce plafond a été dépassé par endroits. Le FN, premier au premier tour à Perpignan, n’a rien obtenu au second en raison du scrutin majoritaire à deux tours, qui reste une quasi-exception française. Parmi ses records du second tour, il s’est assuré 57,71 % et 50,58 % dans deux des quatre bureaux de vote de l’école Léon Blum du quartier du Haut-Vernet, dans le canton Perpignan 1. Il a également remporté la victoire des chiffres dans trois des quatre bureaux Roudayre, quartier du Bas-Vernet, avec 52,44 %, 51,25 % et 50,14 %. L’un des deux bureaux de la mairie de quartier Est lui a réservé 51,81 % tandis qu’une seule voix l’a séparé de l’UMP, pour le jucher à 49,92 % dans l’un des deux bureaux de l’école Claude Simon du quartier du Mas Vermeil. Aux municipales, nous évoquions cette zone aisée, où le candidat FN Louis Aliot avait obtenu la majorité face au maire UMP, Jean-Marc Pujol. Le Front National a réalisé une performance de 52,82 % à Perpignan III, dans l’un des 5 bureaux de l’école Pierre de Coubertin, dans le périmètre de la cité du Champ de Mars. Titulaire de 54,11 % dans l’un des trois bureaux Vertefeuille, quartier du Moulin à vent, il a remporté la moitié des 8 bureaux de l’école Edouard Herriot, dans le canton Perpignan V, à concurrence de 52,46 %, 51,90 %, 53,82 % et 57,06 %.

Des villes dirigées par la gauche ou la droite, gagnées par le FN

La percée de l’extrême droite dans les villages en 2014 a été confortée à Saleilles, où le Front National est virtuellement le premier parti, à hauteur de 50,15 % au second tour des départementales, disputé contre l’UMP. Saint-Nazaire suite le même principe, à 51,97 %, ainsi que Villelongue-de-la-Salanque, à 50,42 %. A Canohès, le maire PS et conseiller général sortant, Jean-Louis Chambon, est humilié par le FN, qui accomplit 50,54 % dans une duel face à un binôme PS dont il faisait lui-même partie. Dans le cadre de triangulaires, le FN est devenu le premier parti à Brouilla (40,76 %), Castelnou (41,15 %), Saint-Jean-Lasseille (44,05 %), Villemolaque (44,04 %), Pia (40,36 %), Torreilles (38,49 %) et Saint-André (39,60 %).

Un succès sans programme territorial

Les raisons de l’adhésion de l’électorat au Front National semblent ne pas devoir dépendre d’un projet pour les Pyrénées-Orientales. L’absence de débat d’idées, pour une institution dont les futurs contours sont flous, a concerné tous les partis politiques présentes. Mais au FN, les voix critiques commentent la méthode. Sur le site Le Fanal du Barcarès, redouté par la direction du parti, un lecteur cite Marine Le Pen argumentant sur une nécessaire « implantation locale ». Il lui rétorque virtuellement « Excuse-moi, Marine, mais tu yoyotes. Comment veux-tu qu’un candidat puisse s’enraciner si on ne lui donne à distribuer que des tracts nationaux ? On est complètement à côté de la plaque ».

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