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Fin juillet 2010, le conseil municipal de Perpignan instaurait un arrêté anti-nudité à l’instar de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, ou encore de Carpentras, dans le département du Vaucluse. Une mesure qui, selon la mairie, prétendait à la fois à rétablir la « respect de la dignité humaine, de la décence et de la moralité » afin de rassurer commerçants et autochtones, sans pour autant sanctionner systématiquement et trop fortement les promeneurs au torse nu. Le maire, Jean-Marc Pujol, évoquait alors la volonté de « sensibiliser les gens », grâce à des amendes dont le montant n’atteignait que 11 euros.

Après une campagne d’incitation à la décence vestimentaire menée l’été dernier, Barcelone se penche à nouveau sur la question, en plein hiver, mais dans une ambiance pré-électorale. Alors que le scrutin électoral aura lieu le 22 mai prochain, les groupes des deux principales formations rivales, le Parti des Socialistes de Catalogne (PSC) et les centristes de Convergence et Union (CiU), font cependant front commun pour en finir avec les corps dénudés. La mairie de la capitale catalane prépare un texte de loi, dont l’entrée en application, prévue pour le 25 mars prochain, suivra de peu le retour du printemps, c’est à dire l’arrivée massive de touristes européens, dont certains utilisent la ville comme un défouloir. Bien que l’interdiction ne soit pas intégrale, car elle ne concernera pas les zones de baignade, la sanction, qui pourra aller jusqu’à 500 euros, se veut plus dissuasive que celle mise en place à Perpignan. Toutefois, la problématique est totalement différente, car, à Barcelone, il s’agit autant de mettre fin au semi-nudisme, qu’à la nudité totale.

Jusqu’à présent, la Catalogne en général, mais surtout Barcelone, étaient particulièrement conciliantes en matière de nudité urbaine. En effet, selon la Constitution espagnole de 1978, de multiples articles rappellent qu’aucune morale ne peut prévaloir sur les autres, pas même donc la morale publique. Le droit à la nudité est de facto toléré tant que celle-ci n’est pas à caractère sexuel. Il a même était renforcé par l’actuel Code pénal espagnol, qui dépénalise les délits de scandale public, tandis que le Parlement catalan a adopté une résolution en février 1997.

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