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L’hégémonie du Parti Socialiste en France correspond, en Catalogne du Sud, à une hégémonie de la coalition centriste Convergence et Union (CiU), preuve d’alternances politiques opposées. Après avoir remporté la présidence du gouvernement catalan, en novembre 2010, CiU s’est adjugé 58 % des mairies de la province de Girona lors des élections municipales de mai 2011. Ce coup de bulldozer a précédé la victoire du très droitier Partido Popular aux élections « générales » de novembre 2011, depuis lesquelles l’Espagne est quasiment sans nouvelles de son ancien premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero. Affaibli par ces deux échéances, le Parti Socialiste Catalan (PSC), qui détenait la présidence catalane depuis 2003, manifeste une crise d’identité et tente de se recomposer. Le mois de juin 2012 comporte ainsi la montée en notoriété des courants internes « Avancem » (Avançons) et « Nou cicle » (Cycle nouveau), ce dernier créé par Raimon Obiol, fondateur du parti en 1978, puis Vice-Président et Président. Promoteurs d’une mutation permettant de remporter la présidence de la Generalitat de Catalogne en 2014, ces deux factions doivent mettre fin à l’hébétude dans laquelle le parti est plongé.

La coalition Convergence et Union atténue le paradigme droite-gauche

« Nou cicle », la plus importante de ces deux alternatives, souhaite « construire la gauche et le socialisme démocratique » selon la députée européenne Maria Badia. Cet aveu de la nécessaire invention de tout un pan de l’échiquier politique traditionnel révèle l’influence de CiU. Car cette formation, située au sommet d’un échiquier politique fondé sur les statuts territoriaux, promeut une autonomie maximale et tutoie l’indépendantisme, plus qu’une grille de lecture gauche-droite, défendue par le PSC. Or, les deux courants internes qui agitent ce dernier parti expriment un sentiment nationaliste catalan supérieur à celui du noyau dur, attaché à une Espagne fédérale.

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