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La Clau
Barcelone: comme Sarkozy, le président Artur Mas embauche un socialiste
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Le nouveau président de la Catalogne, Artur Mas, intronisé ce lundi à midi à Barcelone, a envoyé un signal fort au territoire, en débauchant une figure socialiste. M. Mas, dont le parti Convergence et Union, « progressiste et libéral », classé au centre-droit, a raflé la mise lors des élections du 28 novembre, a en effet sélectionné l’historien et éditeur Ferran Mascarell parmi ses ministres-conseillers. Principal adversaire interne de Jordi Hereu, maire socialiste de Barcelone, Ferran Mascarell, 59 ans, a occupé le poste de conseiller de la Culture jusqu’en 2006, lors du mandat du président socialiste Pasqual Maragall. En figurant aux côtés de M. Mas, tel un Jack Lang, un Bernard Kouchner ou un Eric Besson, rapprochés de Nicolas Sarkozy, Ferran Mascarell place de fait la Catalogne à l’avant-garde de l’ouverture politique en territoire espagnol, notamment amorcée par la France. Dans la volonté d’Artur Mas, cette ouverture situe aussi la Catalogne au-delà d’une simple région, dans son ambiguïté habituelle qui lui confère des aspects de presqu’Etat. Lors de sa campagne électorale, Artur Mas avait d’ailleurs largement annoncé sa volonté de constituer un « gouvernement des meilleurs », désormais concrétisé par ce prélèvement d’un talent dans le camp adverse.

L’installation du nouveau gouvernement de Catalogne, prévue mercredi, a été précédée par la prise de fonction de M. Mas, face à un parterre de 700 personnalités catalanes, espagnoles et internationales, dont une représentation diplomatique nourrie. La cérémonie, très protocolaire, a également comporté la présence de l’ancien président socialiste José Montilla, battu lors du dernier scrutin, pour une passation de pouvoir au sein de l’institution, apparue en 1359. Dans une volonté de continuité, le président Mas a débuté son intervention, dans le Salon de Sant Jordi du Palais de la Generalitat de Catalunya, en se déclarant « Au service des 7,5 millions de Catalans ». Le nouveau numéro 1 a toutefois avoué sa conscience d’atteindre le sommet du pouvoir territorial en pleine époque de « problèmes », notamment économiques, et son espoir de pouvoir rester un « constructeur de la nation catalane », dont il a manifesté le besoin de « plénitude », c’est à dire l’indépendance, car, de son avis, « la vie des peuples et des nations se mesure en millénaires ». La présidence d’Artur Mas, prévue pour une durée de 4 ans, pourrait être décisive en matière d’évolution institutionnelle du territoire, dont le qualificatif de « país » (pays) n’a jamais quitté le langage commun.

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