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Le président du gouvernement catalan, Artur Mas, a fait savoir, le 28 août, qu’il n’assisterait pas à l’habituelle manifestation de revendication catalane du 11 septembre à Barcelone. Cette mobilisation, cette année ouvertement indépendantiste, est organisée par une fédération d’associations au nom peu anodin, l' »Assemblée Nationale Catalane ». Elle suscite un flot d’informations continu, de Figueres à Madrid, et provoque une mise en garde du gouvernement espagnol face à des velléités souverainistes décomplexées, de gauche et de droite. M. Mas, un temps pressentie au sein du cortège, préfère ménager les susceptibilités madrilènes. Ce positionnement a été communiqué peu après l’annonce d’une réunion entre le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, et le même président catalan. Cette entrevue au sommet, provoquée par le chef de l’exécutif catalan, se déroulera le 20 septembre. Elle devrait comporter d’âpres négociations, sur un rapport de forces éternel, car la vivacité économique de la Catalogne face au reste de l’Espagne se maintient, indépendamment de la crise. En vertu de cette réalité, Artur Mas demande la « clé de la caisse » sous forme d’un « pacte fiscal » inspiré du modèle basque, que M. Rajoy se déclare disposé à analyser en échange d’un soutien catalan aux politiques anti-crise espagnoles. Dans ce contexte de partenariats, l’ampleur du 11 septembre constitue un paramètre essentiel, car la voix de la rue pourra « donner davantage de force » à M. Mas, selon le porte-parole du gouvernement catalan, Francesc Homs.

La Catalogne demande à Madrid 5 milliards d’euros qui lui « appartiennent »

Cependant, un autre critère se profile, car une demande d’aide financière a été exprimée par le gouvernement catalan envers le gouvernement espagnol, également le 28 août. Face à des difficultés de trésorerie, l’exécutif catalan a officialisé une requête de 5,023 milliards d’euros, puisés dans le « Fonds de Liquidités des Autonomies » espagnoles. Mais, selon M. Homs, les sommes concernées sont un simple dû, car elles « appartiennent aux Catalans eux-mêmes », qui s’en trouveraient privés, faute de « pacte fiscal ». Cette injection d’argent public doit permettre de maintenir un déficit public, fin 2012, de 1,5 % du PIB pour les quatre provinces sud-catalanes. Parmi les 17 territoires autonomes espagnols, la Catalogne accumule la dette la plus forte, évaluée à 42 milliards d’euros, correspondant à 21 % de son PIB, le plus élevé d’Espagne. L’annonce d’une telle demande effectué auprès de l’Etat espagnol, évoquée depuis le mois de juillet, a précédé la pré-officialisation d’une requête espagnole vers un sauvetage européen, dévoilée le 22 août.

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