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Le panorama politique espagnol ébauché ce jeudi 19 juin par le nouveau roi Philippe VI place la question catalane sous de nouvelles considérations. Mais une première friction s’est produite lors de la cérémonie de couronnement, car le président du gouvernement catalan, Artur Mas, n’a pas apprécié le discours du jeune souverain. Celui-ci a évoqué l’Espagne comme une « nation » et non comme un « Etat plurinational » incluant la Catalogne, selon la préférence que M. Mas indiquait à l’issue de l’événement. Il n’a pas applaudi le discours royal, mais a échangé quelques mots, en catalan, avec Philippe VI et la reine Letizia. Artur Mas attendait la cérémonie d’avènement de la nouvelle Espagne pour repositionner son discours et sa stratégie. Mais il estime n’avoir entendu « rien de nouveau » lorsque le souverain a décrit une « Espagne unie dans laquelle tout le monde a sa place ». Le président catalan a également manifesté son espoir de dialogue avec le successeur du roi Juan Carlos I : « je suis certain qu’il essaiera de trouver une solution au problème, mais il n’a pas de pouvoir exécutifs. Il peut nous mettre en contact avec les institutions et rendre les négociations plus faciles. Il fera probablement cela ».

Interview en prime time sur la reine des chaînes d’informations

Dans la soirée, Artur Mas est intervenu sur la chaîne mondiale CNN, selon laquelle la Catalognee st une « locomotive économique » qui conteste la monarchie « depuis des siècles ». Le président du parti centriste Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), questionné en prime time sur la réelle volonté populaire d’indépendance, a déclaré : « Pour savoir ce que veulent les Catalans, il faut un référendum ». Le président Mas a insisté sur sa relation « cordiale » avec Philippe VI et rappelé que la Catalogne est « née il y a 1000 ans », avant de préciser « nous ne sommes pas l’Ukraine ». Cette intervention vouée à attirer l’attention de la communauté internationale a été employée par le président catalan a faire admettre à l’Etat espagnol, gouvernement et Maison Royale réunis, la consultation sur la souveraineté catalane qu’il se refuse à valider. Ce « processus pacifique et démocratique », conforté par une « majorité sociale », comporterait le vote positif d’Artur Mas, dont la pratique naturelle de la langue anglaise constitue un atout majeur en matière d’internationalisation de la lancinante question catalane.

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