Langue

Suite à la grande marche du 11 septembre à Barcelone, le gouvernement catalan, forcé par les évènements, a communiqué une position institutionnelle, le 12 septembre. Lors d’une intervention hautement répercutée dans l’ensemble de l’Espagne, le président catalan, Artur Mas, a engagé son exécutif à doter la Catalogne de « structures d’Etat », tout en estimant que « rien ne sera facile, mais tout est possible ». Cette comparution s’est produite dans un contexte d’internationalisation des velléités sud-catalanes, illustré par le traitement effectué par de grands médias mondiaux, de The Guardian à Al Jazzera. Stratégiquement, cette intervention a été programmée dans la galerie gothique et non dans l’habituelle salle de presse du Palais de la Generalitat, siège du gouvernement catalan, à Barcelone. M. Mas a souhaité une « plénitude nationale » catalane avant d’évoquer les attributs du territoire : « une nation qui dispose d’une langue et d’une culture propres, et qui, pour continuer d’être elle-même et progresser, demande simplement à recevoir un Etat, un outil pour continuer d’être dans le futur ce qu’elle a été par le passé ».

L’Espagne ne doit pas céder à « l’hystérie »

La montée en crédibilité d’un nouveau cadre légal pour la Catalogne, réclamé par la rue, trouve ainsi sa traduction au sein d’un organe gouvernemental qui y paraît préparé, tout en présentant l’image d’une profonde responsabilité face aux évolutions. Durant cette séquence au ton grave, M. Mas, qui déploie un style ostensiblement supérieur à celui d’un simple président de région, fût-elle autonome au sein d’une Espagne fortement décentralisée, a affirmé qu’il convient d’aborder la situation sans « dramatisation » ni « réactions de colère ou d’hystérie », dans une allusion appuyée au gouvernement espagnol.

Partager