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Lors d’un conseil national consacré à sa désignation comme tête de liste de la coalition Convergence et Union (CiU) aux élections catalanes prévues le 25 novembre, le président du gouvernement catalan, Artur Mas, a confirmé sa volonté souverainiste. Alors qu’un sondage réalisé du 8 au 11 octobre par l’institut Feedback octroie à CiU la majorité absolue au Parlement catalan, avec 68 ou 69 députés sur 135, le leader du mouvement indépendantiste a dénoncé les déclarations du ministre espagnol de l’Education. Le 10 octobre, José Ignacio Wert déclarait que l’intérêt de l’Etat espagnol était « d’espagnoliser les élèves catalans afin qu’ils se sentent autant catalans qu’espagnols ». Cette phrase, qui a largement choqué une partie de la société sud-catalane par son caractère ressenti comme autoritaire, a inspiré à M. Mas une réponse selon laquelle l’Espagne gagnerait à « essayer de catalaniser un peu l’Espagne ».

Refus d’une Espagne « unie, grande et libre »

Dans un discours fleuve, le président de la Generalitat de Catalogne a fait une allusion appuyée au régime totalitaire de Franco, qu’il a assimilé à la réponse de l’exécutif de Mariano Rajoy aux volontés d’émancipation catalanes. Selon lui, les écoles sud-catalanes s’emploient à « expliquer l’Etat plurinational », et non pas « l’Espagne, une, grande et libre », slogan cher aux franquistes. Lors de cette séance de motivation d’adhérents, cadres du parti et électeurs, Artur Mas, qui surfe au sommet d’une vague historique, a appelé de ses voeux la constitution d’une majorité sociale favorable à un Etat catalan. En conclusion, l’actuel président a insisté à préciser que depuis 35 ans, à l’avènement de la démocratie espagnole, la Catalogne a transféré à l’Etat espagnol « 30 milliards d’euros nets », fruit issus de sa fiscalité, avant de déplorer que la situation des finances publiques catalanes ait forcé son gouvernement, dernièrement, à solliciter l’aide de l’Etat.

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