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La politique de stationnement appliquée depuis le 2 janvier 2018 à Perpignan ne changera pas. Le maire, Jean-Marc Pujol, a réaffirmé le choix visant les 3415 places de voirie de la ville lors d’une entretien « Face à la presse », le 14 février au Théâtre de l’Archipel. Jusqu’en 2027, la ville est liée à l’entreprise parisienne Indigo, chargée des 165 horodateurs de Perpignan par le biais d’une délégation de service public. Nombre d’usagers s’indignent des amendes salées, car le «forfait post-stationnement» (FPS), pénalité à régler en cas de dépassement du temps, a augmenté de 8 euros, soit 25 euros, contre 17 euros auparavant. L’association « 40 millions d’automobilistes » dénonce le maire pour non respect de l’engagement qu’il avait pris auprès d’elle, début 2018, pour la protection du pouvoir d’achat. Certaines villes françaises ont alors profité de la libéralisation gouvernementale du tarif pour adoucir leurs amendes.

Impuissance face à un géant du stationnement

Le changement de tarif des amendes FPS découle de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) de janvier 2014, incluse dans l’acte 3 de la décentralisation sous la présidence de François Hollande. Depuis la mise en oeuvre de ce texte, Calais n’impose plus que 11 euros et Castres à peine 10 euros, mais Perpignan a fait l’inverse. Certains commerçants réclament une heure de stationnement gratuite, l’Hôtel de Ville réclame en vain une clémence de 2 à 4 minutes pour les défauts de paiement, mais un aveu d’impuissance se révèle face au géant du stationnement, présent dans 750 villes du monde, affichant 900 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. L’indulgence ne vient pas et le dépassement du temps de stationnement est implacablement confié à l’appli « Indigo », en remplacement du contrôle humain, à l’ancienne.

Le FPS, source de malaise, est un ingrédient explosif pour la campagne municipale de 2020. Maire depuis bientôt 10 ans, Jean-Marc Pujol, membre des Républicains, envisage de se représenter. Il donnera sa position en fonction du résultat des élections européennes, qui se dérouleront le 26 mai.