Langue

L’ancien maire de la commune du Barcarès a retrouvé son poste dès le premier tour de l’élection partielle organisée ce dimanche suite à la mesure d’inéligibilité qui concerne son épouse, Joëlle Ferrand, depuis mars dernier. Premier magistrat de 1995 à 1999, au nom du RPR à l’époque, M. Ferrand a bénéficié d’une stratégie préméditée depuis 2010, lors de laquelle le report de voix s’est avérée efficace envers lui comme il l’avait été envers sa femme, en sens inverse, il y 10 ans. Une nouvelle fois, la mécanique a fonctionné à la perfection, pour un résultat de 52,52% des suffrages exprimés au crédit de l’ancien maire.

Alain Ferrand, exclu de l’UMP, n’avait reçu aucun soutien officiel de la fédération du parti de Nicolas Sarkozy dans les Pyrénées-Orientales, et a dû se contenter du soutien testimonial du Centre national des Indépendants. Mais le maire de la commune de Claira, José Puig, membre du Mouvement Démocrate soutenu par le Parti Socialiste lors des élections cantonales partielles de 2010, a appuyé de sa personne le candidat Ferrand. Le scrutin de ce dimanche a d’ailleurs été qualifié de « drôle d’élection » par l’Agence France Presse, qui l’a érigé samedi en évènement national, tout en choisissant pour illustration une instantanée photographique qui n’avantage pas le vainqueur. Celui-ci disposera de 20 élus sur les 27 que compte son ancienne-nouvelle mairie, tandis que la liste adverse dirigée par le candidat Jean-Louis Disaro, dans un panachage de droite et de gauche soutenu par une frange de l’UMP municipale, et, du bout des lèvres, par le Parti Socialiste des Pyrénées-Orientales, a obtenu 24,61%, soit quatre conseillers municipal. Pour fermer la marche, la candidate Véronique Pastoureau, suppléante de M. Ferrand aux élections cantonales partielles de 2010, a réalisé un score de 22,88%, pour trois sièges.

Le corps électoral du Barcarès, établi à 4.877 électeurs, a participé à hauteur de 62,7% à cette élection. Alain Ferrand, qui prendra ses fonctions en fin de semaine, deviendra d’office deuxième vice-président de l’agglomération Perpignan-Méditerranée, où il remplacera son épouse au poste de responsable de la filière économique du Tourisme. Son élection aura représenté un véritable cas d’école, dans un aller-retour rare dans l’histoire politique, à l’issue d’une campagne extrêmement cadrée lors de laquelle le nouvel élu a a pu se reposer sur un bilan qui n’est pas le sien, mais celui, officiellement, de sa propre femme. En outre, pour fournir à la démocratie la preuve de la vacuité d’informations qui le concernent en matière judiciaire, le nouveau maire du Barcarès a communiqué samedi quatre documents qui le déchargent de toute faute. La semaine dernière, le nouveau premier magistrat avait rendu public son extrait de casier judiciaire.

Partager