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Pour la première fois, la marche de la Catalogne du Sud vers une éventuelle indépendance comporte un outil administratif préfigurant un Etat. Le 11 avril, le président du gouvernement de Catalogne, le centriste Artur Mas, a réuni en effet à Barcelone un Conseil de Transition Nationale, en charge de fixer un calendrier stratégique et de mesurer la viabilité, dans tous les domaines dévolus aux Etats, d’une Catalogne indépendante. Cette nouvelle instance créée ex nihilo devra rédiger la feuille de route du processus souverainiste catalan, jalonné en 2014 d’un référendum sur la question « Souhaitez-vous que la Catalogne soit un nouvel Etat de l’Union européenne ? ». Ce conseil, présidé par le juriste Carles Vives Pi-Sunyer, ancien magistrat de la Cour Constitutionnelle espagnole, est composé de douze membres, dont les universitaires Germà Bel, Salvador Cardús et Ferran Requejo, ainsi que l’entrepreneur Joan Font, propriétaire de la chaîne d’hypermarchés Bonpreu. En sont aussi membres la journaliste Pilar Rahola, le porte-parole du gouvernement, Francesc Homs, sa vice-présidente, Joana Ortega, et le ministre-conseiller de la Justice de Catalogne, Germà Gordó.

Fisc catalan, banque centrale et pouvoir judiciaire

Ce Conseil de Transition Nationale, qui est mis en place dans la réprobation du gouvernement central espagnol, placé sous l’autorité du premier ministre, Mariano Rajoy, agira selon quatre axes. Le premier comporte l’étude des structures d’Etat qui seraient nécessaires à la Catalogne, parmi lesquelles figure une agence de collecte des impôts, une banque centrale, un pouvoir judiciaire propre et des outils de politique étrangère. Le deuxième domaine abordé est le référendum et le cadre juridique régissant un Etat catalan, ainsi que l’articulation des relations avec l’Union européenne, avec l’Espagne et la communauté internationale. Un troisième domaine est le financement d’une nouvelle administration catalane et la répartition des actifs et passifs avec l’Etat espagnol, tandis que le dernier axe assume les autres exigences posées aux nouveaux Etats. Celles-ci sont la mise en place d’un système de Sécurité Sociale catalan, une politique énergétique adaptée aux enjeux de demain, la double nationalité catalano-espagnole ou encore la langue catalane.