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5 ans après le Traité de Lisbonne, l’Europe reste éloignée des citoyens
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Initié par le traité constitutionnel européen de 2005 qui avait été rejeté en référendum en France et aux Pays-Bas puis en Irlande, le Traité de Lisbonne avait finalement été approuvé en force dans les trois pays. En pleine crise économique, l’avancée démocratique de l’Union n’a pas été à la hauteur de l’ambition initiale, entre défiance des citoyens, résistance des Etats et conservatisme de ses élites. La plus grande faille reste la sphère médiatique qui ne sait pas rendre politique la structure européenne.

Un président de l’Europe et un Parlement Européen inconnus

Le Traité de Lisbonne était censé donné un visage à l’Europe avec l’élection d’un président à sa tête par les Etats. L’élection depuis 5 ans du belge Herman Van Rompuy est un fait pratiquement inconnu du grand public, vu son faible pouvoir et charisme, face aux dirigeants de chaque Etat et au président de la Commission Européenne. De la même manière, le Parlement Européen qui a gagné du poids face au Conseil de l’Europe et les Etats, a été suivi dans sa désignation du président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, mais le citoyen lambda ignore encore que c’est la droite qui a la majorité au Parlement.

Une démocratie participative qui ne fonctionne pas

L’initiative citoyenne européenne, qui permet aux citoyens de mettre à l’agenda de la Commission un thème pour peu qu’elle rassemble une pétition d’un million de personnes dans 7 Etats différents a montré ses limites. Seules deux initiatives sont arrivés à terme, une sur l’eau et une autre visant à interdire la recherche sur l’embryon humain. Cette dernière a été sèchement retoquée. Surtout, la majorité de ces initiatives n’arrivent pas à terme par l’arbitraire procédural de l’administration européenne, comme la demande de suspension du traité de libre-échange UE- USA. Ce dossier, comme celui du scandale de dumping fiscal des multinationales au Luxembourg du président de la Commission Jean-Claude Juncker, restent le symbole d’une politique européenne qui avance cachée.