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Une récente étude canadienne met en évidence l’importance du réseau social Facebook en termes de séparations amoureuses, notamment à cause du « mur d’affichage » sur lequel les usagers inscrivent leurs impressions quotidiennes placardent leurs photos. D’après le Département de psychologie de l’Université de Guelph, au Canada, la jalousie et la méfiance sont les principaux effets provoqués par le réseau, qui diffuse publique des aspects ordinaires de la vie des uns et des autres. Ainsi, le contact établi par un homme ou une femme avec son ex-partenaire, ou l’attitude de certaines personnes l’entourant sur une photographie, peuvent susciter doutes et surveillance, dans une tendance qui rappelle les messages SMS, qui reçoivent périodiquement un contrôle conjugal. Comme l’indique Amy Muise, responsables de cette étude, « Facebook permet d’accéder à des informations auxquelles nous n’accéderions pas, mais celles-ci sont détournées de leur contexte » : il peut s’en suivre des scandales domestiques et des ruptures de vie commune. Ce travail sociologique canadien, basé sur un sondage établi auprès de plusieurs centaines d’étudiants, dont un tiers d’éléments féminins, met à jour le caractère outrancièrement indiscret de Facebook. Jusque là, l’aspect exhibitionniste du supposé « ami » qui livrait ses mots de l’âme et révélait tout de son banal week-end faisaient partie d’un jeu postmoderne, basé sur une discutable « amitié » électronique, mais cet amalgame entre l’existence hors-couple et l’infidélité, tout aussi discutable, sont un nouveau palier. D’ailleurs, le professeur Muise n’hésite aucunement à évoquer des « comportements inquisitoriaux » de la part du conjoint suspicieux. Tout est dit.

Couples brisés par Facebook… et enfants accros au porno

Dans le cadre de sa recherche industrielle, le concepteur d’antivirus Symantec, père du système Norton, a présente ce mois d’août une étude effrayante, selon laquelle les enfants effectuent avant tout sur Internet des requêtes concernant les réseaux sociaux, type Facebook, Hi5 et Twitter, et des contenus pornographiques. Qui croyait encore que les jeunes cherchaient à s’instruire sur la toile, académiquement parlant? Non, Internet obéit exactement à l’évolution de la télévision, initialement conçue comme un technique, puis diffuseur de contenus liés à la connaissance et à la culture, avant de plonger dans le précipice des vices plus communs, à jamais indispensables. Symantec classe dans le top 10 de mots-clés demandés par les adolescents le mot « sex » en 4ème position et « porn » en numéro 6, tandis que « YouTube » ouvre la liste, sur laquelle « Google » arrive deuxième et « Facebook » troisième. Selon votre propre sensibilité, vous considèrerez drôle ou troublante, voire les deux, la position 26 occupée par le mot « boobs » (seins) et la 72, occupée par « chatte », dans son acception sexuelle, selon ces statistiques, obtenues après examen de 3,5 millions de recherches espionnés par Symantec grâce à son système de contrôle parental « Norton Family Online ». Le problème n’est plus de se soucier des hormones adolescentes, mais faut admettre que 90% des adolescents du monde disposent d’un accès direct aux contenus réservés aux adultes, étant donné que seulement 10% des parents font l’effort d’installer un système de contrôle, selon les révélations commercialement intéressées de Symantec. En exagérant un maximum, les prédateurs d’enfants ne seraient pas uniquement dans la rue, mais vivraient à domicile, où des parents séparés (ou occupés) par Facebook ne pourraient tout contrôler.

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