CULTURE

L'Etat refuse l'exception culturelle à la tradition des correfocs

Les demandes des députés UMP François Calvet et Daniel Mach sont déboutées

Correfoc dans le quartier de Gràcia, Barcelone, 2009 / La Clau
Correfoc dans le quartier de Gràcia, Barcelone, 2009 / La Clau
Le Journal Officiel (J.O.) de la République Française a publié, ce mardi 23 mars, deux informations contraires à la tradition populaire du « Correfoc » (« feu qui court »). Cette animation caractéristique de Catalogne, introduit en 2000, au départ du Roussillon, par l’association du Roussillon, « Aire Nou de Bao », a fait l’objet d’une question du député des Pyrénées-Orientales, François Calvet, au secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat et du tourisme, le 2 juin 2009. Le parlementaire, membre de l'UMP, demandait une dérogation française à la Directive européenne 2007/23/CE, exigeant une distance de sécurité de 15 mètres entre le public et les instruments pyrotechniques des correfocs. Cette mesure revient à ôter tout intérêt à la fête, vieille de plusieurs siècles, qui repose sur une osmose entre acteurs et spectateurs actifs. Le J.O. indique précisément que « l'exception culturelle évoquée par la question posée ne paraît pas suffisante pour permettre de déroger à la directive ». Une réponse identique a été adressée, également ce mardi, au député UMP Daniel Mach, qui avait interpellé le ministère de la Culture, le 22 décembre 2009. L’association Aire Nou de Bao prévoit de manifester à Paris et à Bruxelles, en juillet prochain, au nom du « droit à la différence ».