SOCIÉTÉ

Les vaches des Albères, une protection contre les incendies de forêt

Selon une étude universitaire dévoilée cette semaine

Vache fagina du massif des Albères, Roussillon et Empordà, 2010 © Joan Peirotón
Vache fagina du massif des Albères, Roussillon et Empordà, 2010 © Joan Peirotón
La race de vaches autochtones du massif des Albères, décriée ces dernières années par mésentente avec les humains, n'est reste pas moins utile. Hiver comme été, cette variété unique au monde assure un nettoyage spontané des sous-bois. Cette garantie anti-incendie est en réalité vieille de plusieurs siècles.
Depuis 2008, à la faveur de la progressive mutation de la montagne en espace de loisirs, les vaches autochtones du massif des Albères sont mal-aimées. Auteurs involontaires d'incidents, dont une attaque envers plusieurs personnes et des frayeurs de randonneurs, ces bêtes à cornes dénommées "fagines", "negres" ou "massaneses", ont fait l'objet, il y a 3 ans, d'un abattage partiel ordonné par la préfecture des Pyrénées-Orientales. Mais une étude dévoilée mercredi par l'Université Autonome de Barcelone révèle le côté positif de ces bêtes, qui ont cohabité de longs siècles avec les humains. Selon une série d'observations effectuées auprès de plusieurs spécimens parmi les 400 derniers exemplaires de l'espèce visée, il s'agit d'une variété animale spécialement utile en matière de prévention contre les incendies, notamment dans les sous-bois.

Cette race bovine, habituée à paître dans les forêts du massif des Albères, présente la particularité de suivre un régime alimentaire à forte proportion d'éléments ligneux, c'est-à-dire proches du bois. Lors de la saison hivernale, elle se nourrit très largement de bruyères, réputées très combustibles. L'étude universitaire qui justifie le rôle anti-incendies des bovides des Albères est fondée sur l'analyse d'échantillons de selles menée de juin 2002 à juin 2004. La preuve selon laquelle les chênes, chênes verts et bruyères, constituent  à 89% l'alimentation estivale des animaux incriminés, pour 67% en été, fournit un argument au crédit de leur protection, à l'heure où la préservation des espaces naturels et des diversités devient essentielle.