SOCIÉTÉ

En 2015, Perpignan se retrouverait en "Région Languedoc"

Le 1er adjoint de Toulouse et les maires de Montpellier et Narbonne appuient cette dénomination

Façade du Théâtre du Capitole, Toulouse © JMF
Façade du Théâtre du Capitole, Toulouse © JMF
Le futur ensemble territorial regroupant le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées s'appellerait "Languedoc". Ce retour aux sources de l'Histoire comporterait un fort avantage en termes de marque, car le futur nom, vieux de plusieurs siècles, est bref et efficace. Cependant, parmi les 13 départements concernés, seules les Pyrénées-Orientales, partie intégrante de l'Histoire catalane, n'ont jamais fait partie du Languedoc.
La future Région qui englobera les actuels Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées s'appellerait "Languedoc". Cette dénomination synthétique a été approuvée dans son principe, le 27 septembre, à Narbonne, lors d'un colloque organisé par la structure politique País Nòstre. Les maires de Montpellier et Narbonne, Philippe Saurel et Didier Mouly, ainsi que le premier adjoint de la mairie de Toulouse, Jean-Michel Lattes, ont participé à la rencontre. Ce choix, révélé ce lundi 7 octobre à Perpignan par l'association politique L'Olivier, valide l'option la plus efficace en matière de marketing territorial. En effet, les trois syllabes de "Languedoc" auront davantage d'effet que les six de Languedoc-Roussillon et les cinq de Midi-Pyrénées. Le futur contour régional, qui fera écho aux Etats du Languedoc créés en 1346, rendra à Toulouse un statut naturel jusqu'à présent prélevé par Montpellier.

Un territoire "totalement illisible"

La stratégie des trois élus languedociens, qui devra être confirmée par le ministère de l'Intérieur, élude les Pyrénées-Orientales, qui constituent, à l'exception de son secteur du Fenouillèdes, la seule partie non languedocienne du futur territoire. Face à l'avènement de ce périmètre, en décembre 2015, L'Olivier intuite une "dilution du Pays Catalan" dans un "grand ensemble que nos élus, de tous bords, applaudissent des deux mains". La structure dirigée par Bruno Delmas, chef de file de candidures de changement aux élections départementales de mars 2015, considère que l'avenir se complique. Elle estime qu'à l'avenir, dans une Europe ouverte, les Pyrénées-Orientales sera un territoire "totalement illisible" car la future Région ne "communiquera plus que sur l’appellation de Languedoc".

Certains habitants vivent ouvertement en "Catalogne"

En Roussillon, un sentiment de disparition territoriale s'exprime depuis plusieurs années sur les véhicules, dans une compensation populaire répandue. Jusqu'à présent, les autocollants aux couleurs catalanes masquaient le logo de la Région Languedoc-Roussillon. Celui-ci, à la silhouette de drapeau occitan, a été créé à l'origine pour habiller la Septimanie voulue par Georges Frêche. Si, jusqu'à présent, les mentions "Pays Catalan", "66" ou "Pyrénées-Orientales" accompagnaient les couleurs, de nouvelles versions "Catalogne et "Catalunya" sont désormais diffusées ordinairement, notamment par une franchise d'entretien de véhicules située à Perpignan Sud.
Detall d'un vehicle, Perpinyà, Rosselló, octubre de 2014 © La Clau