SOCIÉTÉ

L'Hôpital de Cerdagne n'est pas tout à fait transfrontalier

Un arrêt de bus est créé, exclusivement sur le réseau de transports sud-catalan

Service des Urgences de l'Hôpital de Cerdagne, Puigcerdà, septembre 2014 © UCE
Service des Urgences de l'Hôpital de Cerdagne, Puigcerdà, septembre 2014 © UCE
Les 32.000 habitants concernés par la mise en marche de l'Hôpital européen de Puigcerdà, premier d'Europe à pouvoir accueillir ordinairement des patients de deux nationalités, ne disposent pas des mêmes avantages. Pour s'y rendre, les habitants de la Basse Cerdagne disposeront en octobre d'un service de transport public, mais la logistique n'a pas été pensée pour ceux de la Haute Cerdagne et du plateau du Capcir.
Le premier établissement hospitalier transeuropéen, inauguré le 19 septembre à Puigcerdà, a déjà trouvé son rythme. Ses urgences ont reçu une fillette de 7 ans dès le jour de l'ouverture. La plupart des inquiétudes administratives en 2011 exprimées par les patients et les élus des Pyrénées-Orientales a disparu, mais la logistique reste imparfaite. En effet, en Catalogne du Sud, un arrêt de bus ajouté au réseau de transports du gouvernement catalan fonctionnera dès le mois d'octobre. Il permettra aux habitants des communes de Guils, Bellver de Cerdanya, Puigcerdà et même La Seu d'Urgell, à 50 km, de rejoindre le site 11 fois par jour, dans des véhicules de petites dimensions. Mais depuis le territoire français, les habitants d'Osséja, Estavar ou Formiguères ne profitent d'aucune logistique de transport. L'appropriation des lieux s'annonce inégale, pour un établissement qui souligne avec force le décalage transfrontalier.

Un malentendu : Puigcerdà avait déjà un hôpital

Dans les faits, l'ancien hôpital de Puigcerdà a investi de nouveaux locaux, partagés dans leur gouvernance et leur financement, 31 millions d'euros a total, avec l'Agence Régionale de la Santé du Languedoc-Roussillon. Les 32.000 patients potentiels résident dans 36 communes situées en territoire français, pour 17 en territoire espagnol, mais la porosité des transports reste étrangère à la proximité géographique.