POLITIQUE

Louis Aliot fait la procession de la Sanch et repart en campagne

Fine stratégie du chef de l'opposition d'extrême droite à la mairie de Perpignan

Louis Aliot, pénitent de la procession de la Sanch, Perpignan, 18 avril 2014 © Etienne Bousquet
Louis Aliot, pénitent de la procession de la Sanch, Perpignan, 18 avril 2014 © Etienne Bousquet
Parmi la foule de pénitents, la procession de la Sanch de Perpignan a comporté cette année la présence voilée du chef de l'opposition municipale, Louis Aliot. Le vice-président du Front National participait pour la première fois à la tradition hispanique du Vendredi Saint. Cet engagement stratégique est simultané à l'entrée en campagne pour les élections européennes, lors desquelles le compagnon de Marine Le Pen revendique son opposition à la charte européenne des langues régionales et exprime sa crainte de "balkanisation de la France".
Le candidat du Front National aux élections municipales de Perpignan, Louis Aliot, qui s'est offert près de 45% des voix le 30 mars, repart en campagne. Cette fois-ci, sa ligne de mire est le scrutin européen du 25 mai, qu'il aborde avec les arguments "Contre la charte européenne et la balkanisation de la France", "Tout ce qu'il faut savoir sur la fin de l'euro" et "Exigeons nous aussi un référendum sur l'immigration", en référence à la consultation suisse du 9 février. Ostensiblement, la visée européenne du vice-président du FN penche nettement plus vers l'extrême droite et le populisme que le programme perpignanais. Rétrospectivement, elle met en lumière une stratégie centriste pour la conquête de l'hôtel de ville de la capitale du Roussillon, doublée d'un retour sur les fondamentaux du parti pour le vote communautaire.

Pénitent dans la procession de la Sanch

Sur le statut de "Perpignanais d'adoption" stipulé dans son portrait de campagne européenne, Louis Aliot a participé cette année à la procession perpignanaise du Vendredi Saint. Extrêmement attentif à la sociologie et à l'anthropologie du Pays Catalan, il a coiffé la caperutxa, parmi les 700 fidèles catholiques qui ont arpenté les rues, selon la tradition multiséculaire. Malgré le caractère anonyme de cette participation voilée, en accord avec le quête d'humilité des participants, la présence inédite du compagnon de Marine Le Pen est hautement significative. Elle souligne une intention d'enracinement territorial, par la voie express, via un réseau de pouvoir de premier niveau, dont le fondement hispanique ne semble pas incompatible avec le morcellement hexagonal craint pour la campagne européenne. La révélation de cette pénitence a été effectuée, en direct lors de l'événement annuel, par le secrétaire départemental du FN de Lot-et-Garonne, Etienne Bousquet, qui a transmis le cliché de l'élu via le réseau Twitter. Précédemment, Louis Aliot avait été aperçu au Stade Aimé Giral, autre noeud de pouvoir des Pyrénées-Orientales.