CULTURE

Le Centre d'Art de Perpignan s'appellera Walter Benjamin

Le philosophe juif-allemand est brièvement passé par le Roussillon en 1940

Walter Benjamin, 1892-1940 © DR
Walter Benjamin, 1892-1940 © DR
La mairie de Perpignan vise l'international, en donnant le nom du penseur berlinois Walter Benjamin à son Centre d'Art contemporain, à inaugurer cet automne. Ce choix participe de la montée en gamme de la ville, qui revendique un philosophe brièvement passé par le Pays Catalan. En 1940, Benjamin, persécuté par le régime nazi, a quitté Port-Vendres pour Portbou, avant de s'y donner la mort.
Le Centre d'Art Contemporain de Perpignan, à inaugurer dans les prochaines semaines, portera le nom du philosophe juif-allemand Walter Benjamin. Cette suggestion, parmi 43 points que le conseil municipal doit entériner ce jeudi 19 septembre, est présentée par le maire-adjoint délégué à la Culture, Maurice Halimi. La volonté de la mairie est d'offrir une image internationale à Perpignan, par l'intermédiaire de l'image de l'historien de l'art persécuté par le régime nazi, puis suicidé à Portbou en 1940, après une traversée du Roussillon. Critique envers la politique allemande dès les années 1920, ce penseur berlinois a été enfermé en juin 1940 dans le camp de Vernuche, situé dans le département de la Nièvre, quatre mois avant le début officiel de la Collaboration franco-allemande. Parvenu par la mer à Port-Vendres en septembre 1940, dans l'intention de rejoindre le Portugal puis les Etats-Unis, il a mis fin à ses jours en absorbant une dose mortelle de morphine, le 26 septembre à Portbou, à l'issue d'un séjour d'à peine 12 heures de ce village de l'Alt Empordà.

Une capitalisation d'image internationale

Si Portbou a su profiter d'une partie de l'image de Benjamin, au travers d'un Mémorial, tout comme Collioure bénéficie de l'aura du poète espagnol Antonio Machado, mort et enterré en 1939 dans l'ancienne ville portuaire, Perpignan peine avec les artistes qu'elle a vu naître ou qui l'ont pratiquée. Du séjour des amants Georges Sand et Frédéric Chopin aux multiples passages de Salvador Dalí, dont elle ne possède aucune oeuvre, des années décisives de la carrière de Charles Trénet, jusqu'à l'écrivain Louis Codet, la capitale du Roussillon dispose de repères précieux. L'appropriation de la figure de Walter Benjamin, qui rappelle celle du Banyulenc Aristide Maillol, dont le dernier voyage est passé par Perpignan en 1944, peut hausser la ville sur une échelle internationale, grâce à l'auteur de la théorie du matérialisme historique de l'art.