ENVIRONNEMENT

Les plages de la Costa Brava, rabotées de 80 mètres en 2050

Les vagues, de plus en plus orientales, grossiront de 20 %

Plage de S’Abanell, Blanes, Costa Brava, 2013 © Pierre Bernier
Plage de S’Abanell, Blanes, Costa Brava, 2013 © Pierre Bernier
Les plages sud-catalanes, spécifiquement celles de la Costa Brava, subissent le changement climatique. En 2050, les vagues y seront plus orientales et 20 % plus fortes que les actuelles, avec pour conséquence un rétrécissement des zones où poser sa serviette. A cette date, de fortes vagues de chaleur pourraient pousser le tourisme estival vers le Nord.
Les dernières études sur l’influence du changement climatique en Catalogne font état d’une transformation de la physionomie des plages. A l’horizon 2050, les 700 kilomètres de littoral compris entre les provinces de Girona, Barcelone et Tarragona, perdront davantage de leur sable, sous l’effet d’une érosion renforcée, la hauteur des vagues hivernales augmentera jusqu’à 20 % et les courants marins seront différents. Ce scénario à venir, rendu public le 11 août à Barcelone, décrit des plages rétrécies, en persistance de la tendance actuelle, par l’engloutissement de milliers de tonnes de sable. La mer, changeante, aggravera la situation actuelle, qui contraint de nombreuses communes à des apports de sable extérieur. D’après l’Observatoire du Développement Durable espagnol, rattaché au ministère de l’environnement, certaines plages de la Costa Brava pourraient ainsi reculer de 80 mètres dans moins de 40 ans, en raison d’une modification de la direction des vagues, de plus en plus orientales.

Plus de chaleur, plus de méduses

Ce tableau futur est observé à la loupe à Blanes, à l’extrême Sud de la province de Girona. Située dans cette commune, la plage de s´Abanell, dévorée par la mer depuis plusieurs années, figure dans l’Etude sur la Biodiversité 2010 développée par l’organisme d’Etat espagnol. La vulnérabilité de ce site au changement de direction des vagues en a fait une zone pilote en matière d’études, mais l’exposition à la mer ravageuse, agissant sur l’ensemble de la Costa Brava, ne saurait épargner la continuité du Nord, la Côte Vermeille et surtout la côte sablonneuse du Roussillon. En territoire espagnol, les Îles Baléares sont aussi concernées par une prévision de rétrécissement des plages, jusqu’à 70 mètres à la même échéance, mais sur la Côte de Barcelone et la Costa Daurada, autour de Salou, la perte occasionnée sur les étendues de sable ne devrait dépasser 20 mètres. Parallèlement, l’augmentation du niveau des eaux, plus médiatisée car généralisée dans le monde, provoquera une perte de 15 cm par an jusqu’en 2050 pour les plages du littoral de la province de Girona, compris entre Portbou et Blanes. Par ailleurs, selon le rapport « La crise du climat » publié en 2012 par Greenpeace, les plages sud-catalanes, sous l’effet d’un réchauffement climatique inéluctable, connaîtront une population de méduses plus importante à cette même période.

Déplacement des touristes vers le Nord ?

Les conséquences du changement climatique sur l’économie touristique catalane peuvent être un déplacement du tourisme de masse estival vers des latitudes plus nordiques. Cette hypothèse grave, émise par l’étude « Changement climatique et tourisme : réalité et fiction » présentée en 2010 par l’Université de València, serait le résultat de vagues de chaleur dissuasives, nuisant au confort des vacanciers. Les touristes pourraient ainsi prendre la direction de plages situées « plus haut », sans « températures aussi assommantes » que celles des côtes sud-catalanes et valenciennes, selon ce document, qui, ajouté aux précédents, laisse supposer que le tourisme de masse fondé sur l’atout du soleil, développé avec vigueur depuis le début des années 1960, pourrait avoir été une simple parenthèse.