POLITIQUE

Perpignan municipales : chimères et copier-coller

Rapprochements intrigants au centre-droit et à droite

Rencontre de l'association J'Aime Perpignan, 23 mars 2013 / DR
Rencontre de l'association J'Aime Perpignan, 23 mars 2013 / DR
A moins d'un an des élections municipales de Perpignan, l'association politique du maire UMP, Jean-Marc Pujol, a invité le président de la CCI du Languedoc-Roussillon, Bernard Fourcade, à parler d'économie, le 23 mars. Ce rapprochement de circonstances étonne, car M. Fourcade est jugé proche du président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin. En parallèle, l'avocat Romain Grau, président du club Perpignan 2020, prétendant aux municipales, se rapprocherait de l'entrepreneur Bruno Delmas, principal adversaire de M. Fourcade.
L'association politique de soutien à la candidature municipale du maire UMP de Perpignan, Jean-Marc Pujol, a organisé le 23 mars une rencontre publique sur le thème "Quelle vision économique pour Perpignan demain ?". Ce rendez-vous, tenu Salle des Libertés, a donné lieu aux prises de parole du chef d'entreprise perpignanais Laurent Goze et de Jean-Charles Delgado, directeur du groupe Accor pour l'Espagne et l'Europe du Sud. Le collectif rassemblé autour du premier magistrat, intitulé "J'aime Perpignan", a également fait intervenir le président de l'Union pour les Entreprises 66, Jacques Font, la présidente du Conseil de Suivi et d'Evaluation du Grenelle 2015 dans l'Agglomération Perpignan Méditerranée, Chantal Gombert, et surtout le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Languedoc-Roussillon, Bernard Fourcade. La présence de ce dernier prend un aspect chimérique, car son accointance est forte avec Christian Bourquin, le président socialiste de la Région Languedoc-Roussillon, qui voit en lui un ami et entend fermement agir pour les mêmes municipales dans le camp adverse. Au-delà des intrigues, et de la géométrie variable de la neutralité institutionnelle, cette rencontre a réuni 130 personnes, dont des décideurs économiques et politiques.

Copier-coller du club Perpignan 2020 de Romain Grau

L'association J'Aime Perpignan, lancée en octobre 2012 selon la loi du nombre, en présence de 1700 personnes, a attendu le 23 mars pour tenir son premier rendez-vous thématique mensuel, suivi d'autres, abordant la culture, le social, le tourisme et le commerce, puis les sports. Mais le parallèle avec le club Perpignan 2020, fondé en août 2012 par le conseiller municipal Romain Grau, membre de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) et proche de l'ancien maire Jean-Paul Alduy, est saisissant. En effet, ce cercle de réflexion méthodique, attaché aux remontées du terrain et aux chiffres, parfois à l'excès, s'affaire depuis le début de l'hiver à solliciter la participation citoyenne lors de rendez-vous mensuels, au nombre de 12, jusqu'en décembre. Or, la liste des thèmes avancés par la structure la plus récente, J'Aime Perpignan, s'en inspire fidèlement. Cette copie, également perceptible dans la méthode consultative, qui permet d'éviter un effet d'intrusion lors d'une candidature, interroge aussi. Enfin, le probable rapprochement entre l'avocat Romain Grau et l'entrepreneur Bruno Delmas, adversaire farouche de Bernard Fourcade aux élections de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, en 2010, relève la saveur de l'ensemble.