SOCIÉTÉ

Le Train Jaune de Cerdagne, menacé de disparition

200 millions d'euros sont nécessaires à sa modernisation

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102 ans après son ouverture, la plus haute ligne de chemin de fer européenne, empruntée par le Train Jaune des Pyrénées-Orientales, n'est pas rentable. Les finances publiques l'ont maintenue pendant plus d'un siècle, mais les économies induites par la crise remettent en cause ce mode de transport de montagne, dont la mise aux normes coûterait 200 millions d'euros.
Le Train Jaune, qui joint les secteurs de Conflent et de Cerdagne depuis 1911, affronte une nouvelle étape, illustrée par un projet de Société d'Economie Mixte (SEM) liant la Région Languedoc-Roussillon et la SNCF. Cette formule destinée à pérenniser les 63 km de ligne ferroviaire séparant les communes de Villefranche-de-Conflent et Latour-de-Carol déplaît à la CGT des Pyrénées-Orientales, qui décrit un train "menacé de privatisation" et convoque une manifestation, le 23 février dans la première des deux communes. Par communiqué, le syndicat estime que le Train Jaune fait l'objet d'une démarche "sournoise et en catimini" à rapprocher d'une "dérive libérale". En dépit d'une rentabilité incertaine, la CGT demande le retour d’un "véritable service public" dans le secteur couvert, éloigné des centres urbains, préconise des horaires adaptés "aux besoins des usagers" et l'accélération de la vitesse, pour une compétitivité inavouée.

La centrale syndicale propose également une rénovation "à l'identique" du matériel roulant, partiellement renouvelé en 2003, et s'oppose au "matériel suisse type St-Gervais Z 850" prévu par la SNCF. Le syndicat suggère aussi la modernisation et la mise aux normes des infrastructures, pour 200 millions d'euros, fournis par la SNCF, Réseau Ferré de France (RFF), le Conseil général des Pyrénées-Orientales et la Région Languedoc-Roussillon. L'obtention de cette enveloppe, incertaine dans l'actuel contexte de crise, remet en cause le Train Jaune, dont les possibilités de disparition ne sont pas nouvelles.

Dès 1968, la SNCF souhaitait fermer le Train Jaune

Vaincu par la flexibilité de l'automobile, le Train Jaune a perdu l'essentiel de son public à l'année mais retrouve une fréquentation rentable en été, en accueillant 80 % de ses voyageurs. Reconverti en outil touristique depuis la fin du XXe siècle, il se heurte à un argument économique devenant pressant par temps d'austérité budgétaire. Dès 1968, la SNCF en prévoyait la fermeture en raison de résultats déficitaires, projet repoussé en 1981 suite à d'importantes mobilisations territoriales, puis de nouvelles actions ont été engagées par la CGT, en 1985, jusqu'en 1993, pour le maintien d'un statut de service public local, tandis que l'Etat envisageait un simple rôle d'agrément. Le Train Jaune, Train Express Régional, fait face à l'évolution, entre folklore moderne et réelle utilité populaire.

Communiqué du Parti Communiste Français, 22 fébrier 2013 : "Le Train Jaune n'est pas une marchandise".

Communiqué des Jeunes Populaires 66, 22 février 2013. "Non à la fermeture du Train Jaune".