SOCIÉTÉ

Affaire de Millas : le « correfoc » catalan est incompatible avec la loi française

Correfoc participatif à Barcelone, 2007
Correfoc participatif à Barcelone, 2007
L’enquête sur le « correfoc » du 10 août à Millas, en plaine du Roussillon, vise désormais une mystérieuse pièce de métal comme origine des blessures au ventre subies par un homme de 55 ans, actuellement hospitalisé. Mais cette affaire s’aggrave par l’ouverture d’une information judiciaire pour « blessures involontaires par manquement au respect des règles de sécurité » suite au diagnostic du procureur de Perpignan, Jean-Pierre Dreno : « Les distances réglementaires de sécurité n’auraient pas été respectées ». En effet, la loi française impose 8 mètres de distance entre les artifices pétaradants et le public. Ainsi, en Catalogne Nord, les « correfocs » (littéralement « le feu qui court »), qui animent tous les étés les villes de Millas et Elne, seraient organisés en marge de la loi française. L’origine de cette festivité populaire hautement participative, née dans le cadre légal espagnol, expliquerait son incompatibilité avec des normes françaises plus rigides. Celles-ci renvoient à la sécurité préfectorale instaurée sur les feux de la Saint-Jean il y a plusieurs années : autrefois sautés et socialement intégrateurs, ceux-ci ont rejoint le simple événement à spectateurs passifs. Pour les curieux, un correfoc est prévu ce samedi soir à Puigcerdà.