ENVIRONNEMENT

Menaces sur le scorpion aveugle du Canigou

Une espèce unique en Europe, qui disparaît progressivement sans raison connue

Scorpion aveugle "Belisarius xambeui" ©  Institution Catalane d'Histoire Naturelle
Scorpion aveugle "Belisarius xambeui" © Institution Catalane d'Histoire Naturelle
Méconnue du grand public, l'espèce "Belisarius xambeui" peuple discrètement plusieurs secteurs montagneux de Catalogne, dont la zone de Prats-de-Molló et la Vallée de Camprodon, mais accuse un repli géographique qui induit sa disparition. Unique en Europe, ce scorpion dispose de cousins dans la forêt amazonienne.
Le scorpion aveugle, "Belisarius xambeui" de son nom savant, constitue une espèce menacée, répertoriée scientifiquement depuis 1879 par l'arachnologue parisien Eugène Simon. Cet insecte aux couleurs pâles pouvant mesurer jusqu'à 4 cm, sans yeux médians, s'est développé autour du massif du Canigou, principalement dans les régions du Vallespir, du Conflent, du Ripollès et de la Garrotxa, notamment aux abords de Prats-de-Mollo et de la vallée de Camprodon. Cette zone d'implantation est exclusive en Europe pour cette espèce endémique répandue en Amérique du Sud et rattachée à la famille des Troglotayosicidae.

Un indicateur de changements environnementaux ?

Cet arachnide fait l'objet depuis 2009 d'une étude scientifique menée par l’Office pour les insectes et leur environnement du Languedoc-Roussillon (OPIE-LR), en partenariat avec la Fédération des Réserves Naturelles Catalanes (FRNC). L'exploration des modes de vie et de l'habitat de ce scorpion amateur de sous-bois humides où abondent les hêtres doit être facilitée par cette démarche comparable aux études mondiales sur les scorpions troglodites de la forêt amazonienne, semblables en de nombreuses caractéristiques. Pour sa part, l'Institution Catalane d'Histoire Naturelle démontre dans une étude dévoilée en décembre 2012 que la présence actuelle du "Belisarius xambeui", à cheval sur les territoires français et espagnol, s'est réduite à 30 secteurs délimités. Les raisons de cette disparition progressive, inconnues, inquiètent les scientifiques, qui y perçoivent des signes de changements environnementaux.