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POLITIQUE

Madrid enterre le "pacte fiscal" catalan

Le gouvernement espagnol refuse une fiscalité 100 % catalane

Artur Mas, président du gouvernement catalan, et Mariano Rajoy, premier ministre espagnol, Madrid, 20 septembre de 2012 © La Moncloa
Artur Mas, président du gouvernement catalan, et Mariano Rajoy, premier ministre espagnol, Madrid, 20 septembre de 2012 © La Moncloa
Le "pacte fiscal", fiscalité catalane réclamée le 20 septembre par le président catalan, Artur Mas, au premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, ne verra pas le jour, suite au refus de ce dernier. Faute d'autonomie renforcée, M. Mas est encouragé à créer un Etat catalan par deux partis indépendantistes, la Gauche Républicaine de Catalogne et Solidaritat Catalana.
Une réunion décisive tenue le 20 septembre à Madrid entre le président catalan, Artur Mas, et le premier ministre espagnol, Maria Rajoy, a débouché sur une impasse. Sans surprise, cette rencontre a comporté un refus catégorique de M. Rajoy envers une fiscalité intégralement catalane, le "pacte fiscal", demandée par M. Mas. Le chef de l'exécutif espagnol a invoqué l'incompatibilité de ce projet avec la Constitution espagnole, lors d'un entretien de deux heures largement consacré à ce sujet brûlant. M. Mas déclarait à l'issue de cette rencontre, "nous avons laissé échapper une chance historique" et indiquait que "la Catalogne doit entamer une réflexion dans les prochains jours". Le débat de politique générale du Parlement de Catalogne, à Barcelone, à partir du 25 septembre, se penchera ainsi sur l'avenir institutionnel de la Catalogne, dont le parti majoritaire, Convergence et Union, a basculé vers l'indépendantisme. Artur Mas lançait aussi "il ne faut pas parler de rupture totale car, en Europe, cela n'aurait pas de sens", tout en ajoutant une formule énigmatique : "toute décision doit être liée à un projet européen, à l'Union européenne et à l'Euro".

Suggestion d'un "gouvernement de concentration" à Barcelone

L'évolution de la Catalogne, territoire proche d'une rupture avec l'Etat espagnol souhaitée par 51 % des habitants, est inédite. Face à l'inconnu, les jours prochains comporteront de nouvelles stratégies, M. Mas avouant "la rupture ne fait pas partie de mon vocabulaire", car elle signifie un "isolement total". Mais la volonté de bon voisinage avec l'Espagne, remplaçant une cohabitation houleuse, obéirait à un scénario imprévisible, sous la pression de la rue et de nouvelles géométries politiques. Déjà, les partis politiques minoritaires Gauche Républicaine de Catalogne et Solidaritat Catalana, également indépendantistes, encouragent M. Mas à avancer directement vers l'indépendance, faute de possibilité d'autonomie accrue. Le premier de ces partis constate le "décès" du pacte fiscal et appelle à écouter la rue, le second invite à mettre à profit la majorité indépendantiste du Parlement de Catalogne pour créer un "gouvernement de concentration". Pour sa part, l'Assemblée Nationale Catalane, organisatrice du rassemblement du 11 septembre dans les rues Barcelone, convoque un rassemblement massif face au siège du gouvernement catalan, place Sant Jaume, à Barcelone, afin d'y accueillir M. Mas.