POLITIQUE

Artur Mas sera le futur président de la Catalogne

Raz-de-marée de la coalition CiU et déroute socialiste aux élections parlementaires

Artur Mas, vainqueur des élections catalanes © Convergence et Union
Artur Mas, vainqueur des élections catalanes © Convergence et Union
Les multiples sondages ne se sont pas trompés au sujet du renouvellement politique sud-catalan. Ce dimanche, la coalition centriste et nationale catalane Convergence et Union (CiU) a obtenu 62 sièges sur 135, près du double de ceux du président sortant José Montilla, humilié, à 28 sièges. CiU, qui embrasse un large spectre, du centre-gauche au centre-droit, a fait bouger les lignes sur un projet de reconquête économique et de renforcement de la Catalogne dans le monde.
La Catalogne du Sud a choisi de changer de président, ce dimanche, à l'occasion des élections législatives, qui donnent lieu à de nouveaux rapports de force au sein du Parlement de Catalogne, à Barcelone. La coalition centriste Convergence et Union (CiU), composé des partis Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) et Union Démocratique de Catalogne (UDC), plus conservatrice, a obtenu 40% des suffrages, soit 62 sièges parlementaires, au crédit de son candidat majeur, Artur Mas. Au terme de quatre années de présidence minées depuis 2008 par une errance face à la crise, le président sortant, José Montilla, présenté pour la seconde fois par le Parti des Socialistes de Catalogne, s'est enfoncé à 28 députés, soit 20,5% des suffrages. La troisième force politique parlementaire catalane devient le Partido Popular (PP), la droite nationale espagnole traditionnellement faible sur le territoire, qui obtient 18 sièges, son meilleur score depuis sa création. Loin derrière, les post-communistes et écologistes Initiative pour la Catalogne et la social-démocratie indépendantiste de la Gauche Républicaine de Catalogne affichent 10 sièges chacun.

Le bouleversement de la chambre catalane comporte l'arrivée de la formation politique Solidarité Catalane pour l'Indépendance, de création récente, menée par l'ancien président du Barça, qui place directement 4 députés. Son exact contraire, Ciudadanos (citoyens), comparable à la mouvance chevènementiste française, favorable à une nation espagnole uniforme et contraire aux vélléités de liberté catalanes, est reconduit au Parlement catalan, avec 3 sièges. En revanche, le parti Plateforme pour la Catalogne, dont le programme xénophobe a attiré la sympathie du Bloc Identitaire français, reste aux portes de l'assemblée.

La formation gagnante, CiU, était absente du pouvoir général en Catalogne depuis 2003, à l'issue de 6 victoires de son fondateur, Jordi Pujol. Cette formation transversale, qui embrasse un spectre large, du centre-gauche au centre-droit, a annoncé ces dernières semaines une politique d'austérité face à la crise, qui comportera la suppression de 25% des emplois de fonctionnaires du Gouvernement catalan, la Generalitat de Catalunya, et d'une centaine de consortiums et groupements variés, établis sur le territoire. Dans une ambition nouvelle, les centristes espèrent enrayer le recul de l'économie catalane, actuellement en léger regain, en collectant 100% des impôts à partir de 2013. Ce projet, qui recevra prévisiblement l'opposition des partis PP et Ciudadanos, constituera le pivot du mandat d'Artur Mas. Celui-ci devra également gérer une demande de déclaration unilatérale d'indépendance prévue dès les prochaines semaines, au sein de la chambre, par Solidarité Catalane.
Nova composició del Parlament de Catalunya, 28 de novembre 2010 © Directe.catJosé Montilla, el president socialista català sortint © Directe.cat