ECONOMIE

L'usine d'embouteillage d'eau de source du Capcir, tuée dans l'oeuf

15 mètres cubes devaient être puisés par heure, mais la commercialisation serait un échec

Embouteillage industriel d'eau de source / Jean-Pierre Garcia
Embouteillage industriel d'eau de source / Jean-Pierre Garcia
Dix ans après l’arrêt de la commercialisation de l’Eau du Boulou, au début de l’été 2000, le projet d’embouteillage d’eau de source du Capcir est stoppé. L’idée de la commercialiser l’eau de la Font dels Animals, située à la limite de la région du Conflent, au nord de la commune de Matemale, avait été formulée en 2003 par la mairie, soucieuse de créer une activité économique pérenne. En février 2005, la préfecture de Perpignan avait validé cette exploitation, qui devait alimenter une usine d'embouteillage. Renforcée par des tests sévères, dont un "pompage de longue durée" en novembre 2004, et l’expertise d’un hydrogéologue, cette unité de production devait prélever un débit de 15 m3 par heure d'eau à partir d’un forage. Une première étude de marché s’était avérée concluante, mais un nouveau diagnostic économique révélé ces derniers jours par la mairie de Matemale, porteuse du projet, se heurte aux marges bénéficiaires de la grande distribution, qui ne rendraient pas compétitive l’eau de source du Capcir. Tuée dans l’œuf, cette initiative économique aurait compléter le réseau des eaux de source et minérales de nos latitudes. Celui-ci est notamment constitué par l'eau Sémillante de la Brasserie Milles, puisée à Canohès, en plaine du Roussillon, l'eau d'Alet, dans le département de l'Aude, ainsi que les eaux de Caldes de Malavella, Sant Hilari Sacalm et Viladrau, dans la province de Girona.