SOCIÉTÉ

Vers la vérité sur le meurtre de Driss Ghaib, prélude aux émeutes de Perpignan

Le meurtrier présumé comparaît toute cette semaine face à la justice

Driss Ghaib, abattu à Perpignan le 29 mai 2005 © Aawsat
Driss Ghaib, abattu à Perpignan le 29 mai 2005 © Aawsat
Ce lundi débute à Perpignan une semaine de procès de l’assassin présumé du franco-marocain Driss Ghaïb, âgé de 43 ans, abattu de sang froid le 29 mai 2005 dans le quartier Saint-Mathieu de la ville. Doivent répondre de leurs actes Guillaume Naudi, 40 ans, présumé auteur de cinq coup de feu à l’endroit de la victime, et Jérôme Goalard, 46 ans, chauffeur du véhicule qui aurait conduit l’auteur du crime, le soir du terrible 29 mai. Cette affaire, fondée sur une rivalité amoureuse classique, devenue démente, a comporté des conséquences ravageuses pour Perpignan, dont une partie du centre-ville s’est transformée en zone de non droit pendant de longues heures. Les innombrables acteurs des violences, communautaires, ainsi que les médias éloignés, avaient alors interprété cet assassinat comme une réplique de l’horrible exécution, le 22 mai, du jeune Mohamed Bey-Bachir, dans le quartier Saint-Jacques, par un groupe de jeunes Gitans. Le retour sur ces faits, initiateurs des émeutes du 29 mai, comporte de nombreux volets symboliques et politiques, qui dépassent les limites du Pays Catalan. Les violences perpignanaises avaient en effet déplacé Nicolas Sarkozy en Roussillon, peu après le retour au Maroc de la dépouille de M. Ghaïb, dont le Roi Mohammed VI avait salué la mémoire.