POLITIQUE

Le Sénat barre la route aux langues françaises

Le Sénat a barré hier soir l’entrée des langues françaises dans la Constitution, en rejetant l’amendement adopté le 22 mai par les députés dans le cadre de la réforme des institutions : par 216 voix contre 103, les sénateurs ont anéanti la proposition, adoptée à la quasi-unanimité, d’ajout au premier article de la Constitution de la mention « les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la nation. Hier soir, le député UMP breton Marc Le Fur, se déclarait stupéfait face à un Sénat qu'il croyait être « l'assemblée des Régions, l'institution la plus étrangère au jacobinisme ». Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon comparait les langues régionales au « bœuf bourguignon ou le sauté de veau », son collègue Michel Charasse proposait ironiquement l’inclusion de la « potée auvergnate » comme monument historique et l’UMP Jean-Pierre Fourcade lançait « Nos enfants parlent texto, il faut renforcer le français et ce n'est pas en faisant appel aux langues régionales (qu'il le sera) ». Ces petites phrases font suite à la position politique de l’Académie Française, estimant lundi que la reconnaissance des langues régionales porte « atteinte à l'identité nationale ». Hier, l’Institut d'Etudes Catalanes exigeait une rectification de la part de l'Académie.