ECONOMIE

La fièvre des bâtisseurs continue en Roussillon

Le député-maire de la commune de Pollestres, Daniel Mach, connu pour sa prise de parole en catalan à l'assemblée nationale, annonce cette semaine l'urbanisation à brève échéance de 70 hectares de terre agricole dans sa commune avec le voeu d'en faire croître la population, qui compte aujourd'hui 4300 habitants, de près de 1500 habitants. La démographie de Pollestres, commune viticole étendue sur 830 hectares dont 190 hectares urbanisés, aux abords immédiats de Perpignan, au Sud, croîtrait de 30 % par ce projet porté par un seul promoteur immobilier. Ce phénomène d'urbanisation rapide est simultané dans la plupart des communes de la plaine du Roussillon, comme dans la deuxième commune du Pays Catalan, Saint Estève, où tout un quartier est sorti de terre ces dernières années. Un phénomène semblable est enviseable avec l'arrachage de 60 hectares de vignes au Mas Bresson, au Sud-Ouest de Perpignan, et la surprenante annonce de leur remplacement par des champs de blé. Bien que rappelant le modèle agraire roussillonais du XVIIIè siècle, cette reconversion pourrait être un sursis pour les terres de l'honorable famille Pams, forcée d'accepter la sentence de la multinationale La Martiniquaise, exploitante du vignoble. Cette actualité résume la réalité Pyrénées-Orientales par la contrainte du choix économique de la villégiature et du tourisme, face à une agriculture mourante, et sans perspective de développement industriel.