Músiques

Le jazz est-il encore possible ? Chet Baker revient dans l'actu !

Avec le retour en grâce du jazz vocal et du jazz manouche, Norah Jones et les nombreux enfants de Django, beaucoup de productions musicales actuelles reprennent des colorations jazzy. Est-ce dû à l’âge supposé des derniers acheteurs de disques ?

Le 13 Mai 1988 , Chet Baker est retrouvé mort à Amsterdam sur le trottoir de son hôtel à la suite d’une chute fatale, aux circonstances restées mystérieuses. Après une nouvelle nuit d’excès de cocaïne et d‘héroïne, le trompettiste-chanteur se serait jeté par la fenêtre. Il n’avait pas 60 ans .Son physique de jeune premier, son vocal de velours à la limite de la rupture, son jeu de trompette feutré aux longues phrases musicales mélodiques et vaporeuses, avaient fait de lui une figure incontournable du jazz des années 60, à l’égal de ses homologues noirs américains. Un des rares dont la notorité et le talent avaient ouvert la voie à une reconnaissance et une appréciation d'un public plus large, dépassant le seul monde du jazz. Son image romantique, d'écorché vif , et son destin à la Jimi Hendrix ou Janis Joplin ont frappé l’imagination des beatnicks et autres rockers, depuis plusieurs générations. Une nouvelle compilation « Baker Memory », éditée chez BMG, contient 20 titres fondamentaux de l’ensemble de sa carrière. Elle représente aussi un investissement minimal avec le DVD du film « Let’ get Lost », pour découvrir ce personnage étonnant et toujours d’actualité.

Le toucher du jazz sur des reprises de Radiohead et des Beatles
 
Le génial pianiste, héritier de Bill Evans et spécialiste des reprises rock Beatles ou Radiohead, Brad Mehldau, nous propose un nouvel album live enregistré au Village Vanguard. De Oasis à John Coltrane, au programme cette fois. Les amateurs de jazz black façon Joshua Redman, très groovy, cuivré, avec quelques influences latines super chaleureuses, seront aux anges avec Roy Hargrove et son quintet sur l’album "Ear food". Une autre démarche musicale orientée vers la fusion arrive, entre world et jazz, avec le recommandable disque de Stéphane Belmondo, trompettiste français, et rien à voir avec l'acteur, associé à une légende de la musique brésilienne Milton Nascimento. Pour ceux qui apprécient les ambiances plus aériennes à la Pat Metheny ou Keith Jarrett, la dernière sensation, révélée par les célèbres quatre clés du magazine Télérama, est bel et bien Brian Blade & the Fellowship Band et son coup de canon intitulé "Season of Changes". Différents climats nous sont proposés ici, de la tourmente la plus totale à l'invitation à la rêverie, du groove à la cassure. Ce batteur passé chez Joshua Redman et Bob Dylan est une véritable révélation. Et puis, pour les soirées estivales, et les heures tardives, rien de tel qu'une belle voix très langoureuse : Mélody Gardot, jeune chanteuse de Philadelphie, au nom à consonnance française, est réellement craquante à l'écoute de son disque "Worrisome Heart".