ECONOMIE

L’Hôpital de Perpignan est en voie d’universitarisation

200 étudiants en médecine seront reçus d’ici 2024

© CH Perpinyà
© CH Perpinyà

L’Hôpital de Perpignan accueille désormais des étudiants en médecine, suite à l’assouplissement du “numerus clausus” voulu par le gouvernement.

Le centre hospitalier de Perpignan entame un processus de montée en gamme, en partenariat avec le monde universitaire. Jusqu’en mai 2022, il accueille les stages de 12 étudiants toutes les 5 semaines, dans les services de cardiologie, gastro-entérologie, néphrologie et neurologie pour les “première année” de Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (DFASM 1). Le s “deuxième année” (DFAM 2) oeuvrent au sein du service gynécologie-obstétrique. Cette initiative nouvelle est programmée pendant trois ans, de sorte que le nombre d’étudiants formés dépassera les 200.


La passerelle établie entre l’hôpital et l’Université s’inscrit dans le cadre de la réforme des études médicales découlant de la loi du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé. Parmi ses objectifs, ce texte vise à “décloisonner les parcours de formation et les carrières” des professionnels de la Santé. Son application à Perpignan correspond à l’augmentation du nombre d’étudiants en deuxième année du “Parcours spécifique accès santé” (PASS), validée par le gouvernement.

Davantage de médecins sur le “marché” de la Santé

A la mi-septembre, les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé ont communiqué les objectifs nationaux pluriannuels de professionnels de santé à former pour la période 2021-2025. Pour la région administrative Occitanie, le seuil a été élevé à 3670 étudiants.  Cette évolution signifie un assouplissement du fameux “numerus clausus”, qui verrouille, depuis les années 1970, le nombre d’étudiants admis en 2e année. A terme, le nombre de médecins, plus important, répondra aux besoins démographiques et géographiques. Au total, 51 505 étudiants en médecine seront formés d’ici 2025 en France.

2 siècles sans faculté de Médecine à Perpignan

L’hôpital de Perpignan est le 4e établissement de la région “Occitanie” par ordre d’importance, après ceux de Toulouse, Montpellier et Nîmes. Ses volumes et ses moyens sont quasi-identiques au troisième, mais il n’est pas un CHU (Centre hospitalier et universitaire), car son université n’a plus de faculté de médecine depuis sa fermeture contrainte, en 1793, dans le sillage de la Révolution Française. Faute de statut, le processus actuel est celui d’une universitarisation, comme il en existe à Bourg-en-Bresse, au Havre et à Thionville.

Le député Romain Grau assure le suivi

Recevoir des étudiants de DFASM est un “moyen de donner plus d’attractivité à la fois à l’hôpital de Perpignan et aux Pyrénées-Orientales pour favoriser des installations sur ce territoire et palier le problème de démographie médicale de plus en plus aigu”, nous précise le Docteur Pierre Pérucho. Chef du service hospitalisation à domicile de Perpignan, celui-ci coordonne le dispositif, en collaboration avec la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes, le directeur général du CHU de Montpellier, Thomas le Ludec et son homologue de Perpignan, Barthélémy Mayol. Cette réunion de compétences comporte aussi la présence des Commission Médicales d’Etablissement (CME) des hôpitaux de Perpignan et Montpellier. Le député Romain Grau, élu des Pyrénées-Orientales, a été associé aux démarches de mise en place et assure le suivi avec les ministères.

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Esteve Valls