SOCIÉTÉ, ECONOMIE

L’hôpital de Perpignan en passe d’annexer celui de Narbonne

Le “Groupement hospitalier de territoire“ passe la vitesse supérieure

Centre hospitalier de Narbonne, Aude © CH-Narbonne
Centre hospitalier de Narbonne, Aude © CH-Narbonne

Le “Groupement hospitalier de territoire” qui réunit les hôpitaux de Perpignan et Narbonne depuis 2016 doit évoluer vers une centralisation à Perpignan. Le syndicat UNSA de l’hôpital languedocien s’oppose à ce nouveau schéma.

A la faveur des regroupements dans la fonction publique hospitalière et de la recherche d’économies d’échelle, le centre hospitalier de Narbonne doit être placé sous l’ombrelle de celui de Perpignan. Un “Groupement hospitalier de territoire “ (GHT), comme il en existe dans de nombreuses régions en France, réunit déjà les deux  pôles, sur le papier. Ce dispositif inclus dans la loi santé de 2016 prévoit la coopération entre les établissements publics de santé “autour d’un projet médical partagé”, afin de “soigner mieux et à moindre coût”, indique le ministère des solidarités et de la santé. Un même GHT regroupe les centres  hospitaliers de Perpignan, Prades, Thuir, Narbonne, Port La-Nouvelle et Lézignan-Corbières, mais l’autonomie de chacun était garantie jusqu’à présent.


Les deux hôpitaux ne collaborent presque jamais

A Narbonne, le centre hospitalier se méfie de concepts de “travail en réseau”, de “mise en cohérence des projets médicaux”  et d’« émergence de filières de soins territorialisées » contenus dans les textes ministériels. Le syndicat UNSA santé de l'hôpital languedocien voit la menace d’une mise sous tutelle de Perpignan.

Cette nouvelle configuration, induisant une hiérarchie entre les sites, correspond  à la nouvelle organisation d’un GHT “Aude-Pyrénées. L’inquiétude est incarnée par un avenant en cours d’ajout au protocole de coopération entre les établissements de santé publique. Or, les deux hôpitaux ne collaborent quasiment jamais, chacun ayant sa propre maturité, sa propre renommée et son autonomie de fonctionnement. L’UNSA dénonce une perte de souveraineté, car la marge  ’initiative budgétaire et décisionnelle de l’hôpital de Narbonne serait nécessairement réduite par cette centralisation.

David Senyarich