POLITIQUE, ENVIRONNEMENT

Vers un nouveau dommage paysager, à Codalet ?

Au pied du Canigou, un espace pastoral menacé par un lotissement

Le secteur agricole convoité par la mairie de Codalet, Conflent, Pays Catalan © Col·lectif Codal'Terre
Le secteur agricole convoité par la mairie de Codalet, Conflent, Pays Catalan © Col·lectif Codal'Terre

La mairie de Codalet (Conflent) a programmé un lotissement à la sortie du village, vers l’abbaye romane de Saint-Michel de Cuixà. 69% des habitants interrogés sont contre, 88% n’ont pas été informés.

L’urbanisation sur des zones vierges se poursuit dans les Pyrénées-Orientales, par-dessus les recommandations environnementales et les appartenances politiques des élus. Cerbère, Montesquieu, Argelès, Port-Vendres, comme les Angles en 2019 et Collioure en 2020, sont les communes visées par des projets peu éthiques envers la nature. Codalet, au pied du Canigou, s’ajoute désormais à la liste. La mairie y prévoit un lotissement de 24 maisons sur 8 600 m2 de terres agricoles fertiles, à la sortie du village, vers l’abbaye de Saint-Michel de Cuixà (Xe-XIIe siècle). Cette intention est rendue possible par le passage des terres en zones constructibles, contenu dans le nouveau Plan Local d'Urbanisme intercommunal (PLUI) approuvé en mars par la Communauté de communes Conflent Canigó, présidée jusqu’en mai 2020 par Jean Castex.


La mairie avance tous feux éteints

La population de Codalet n’est pas associée au projet, 76% des foyers n’ont pas été informés, 88% n’ont pas été consultés, selon une enquête au porte à porte effectué en août par le collectif Codal’Terre. Selon cette structure, 68,7% des habitants s’opposent au projet de lotissement, 25,4 ne se prononcent pas, 3% y sont favorables. Le préfet et le sous-préfet sont avertis, une pétition est lancée et les slogans "Des moutons, pas du béton” – “Des légumes, pas du bitume” circulent sur les réseaux sociaux pour mobiliser contre l’extension du périmètre urbain de Codalet.

“Un promoteur immobilier basé à Canet-en-Roussillon a déjà signé un compromis de vente sur une partie des terres visées, dont le prix passerait de 1 euro le m2 à plus d’une quarantaine d’euros”, croit savoir le collectif Codal’Terre, qui est intervenu officiellement en conseil municipal, le 27 août. L’argument du maire, Michel Llanas, repose sur le risque de désertification du village et la nécessité d’augmenter sa population.

Des projets à Ria, Catllar, Vinça et Marquixanes

Cette nouvelle menace sur la nature incarnée par une municipalité intervient après l’adoption par le Parlement, le 24 août dernier, de la Loi Climat, l’un des grands chantiers assumés par Emmanuel Macron. Ce texte aborde le problème de l’artificialisation des sols naturels, évalué à 30 000 hectares chaque année en France. “La rénovation des centres urbains, évoquée dans la Loi Climat notamment, est prioritaire par rapport à l’extension urbaine”, souligne Codal’Terre, qui déplore que les projets de lotissements foisonnent en Conflent. Les communes de Ria, Catllar, Vinça et Marquixanes sont concernées, comme Codalet.

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Esteve Valls