SOCIÉTÉ

Le rapport commandé par Castex sauve l’enseignement immersif en catalan

Un “Conseil national” devrait être créé, piloté par le ministre de l’Education nationale

Les ministres Yannick Kerlogot et Christophe Euzet remettent le rapport sobre les langues régionales au Premier ministre, Jean Castex, i au ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, Paris, 21 juillet 2021 / Public Sénat
Les ministres Yannick Kerlogot et Christophe Euzet remettent le rapport sobre les langues régionales au Premier ministre, Jean Castex, i au ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, Paris, 21 juillet 2021 / Public Sénat

Après la censure du Conseil constitutionnel, l’enseignement immersif est sauvé par le rapport commandé par le 1er ministre, Jean Castex. Mais la France fait l’objet d’une plainte pour “viol de nombreux droits fondamentaux”.

Le 8 avril, une majorité des députés à l’Assemblée nationale a adopté la loi dite “Molac”, qui fixe un cadre stable pour l’enseignement immersif en langues régionales, dont le catalan. Le 21 mai, ce texte avait été censuré par le Conseil constitutionnel, saisi par 60 députés de la République en Marche, principalement issus de régions monolingues, et par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Le 29 mai, Paul Molac, député breton, auteur de la loi, suggérait une modification de la Constitution pour que les langues françaises puissent être naturellement développées par la République. Pour sa part, le Premier ministre, Jean Castex, catalanophone à ses heures, a souhaité tirer toutes les conséquences", de la situation, le 25 mai, en commandant un rapport parlementaire aux députés Yannick Kerlogot (La République en Marche) et Christophe Euzet (Agir, ex-LREM).


Remis le 21 juillet, le texte commandé par le chef du gouvernement recommande la création d’un “conseil national de l’enseignement des langues régionales”, contrôlé par le ministre de l’Éducation nationale. Celui-ci, doté d’un nom notoirement catalan, présentant une ascendance valencienne, est pourtant un adversaire des langues de France. En mai 2019, il affirmait, à propos de l’enseignement bilingue cognitivement, ce n'est pas si bon que ça.

Le rapport des député préconise également la rédaction d’un projet de loi pour définir les contours de l’enseignement immersif. Ses auteurs invitent les associations qui organisent un enseignement en langue régionale (La Bressola, Arrels et Jordi Pere Cerdà, pour les Pyrénées-Orientales, Diwan pour la Bretagne, Ikastola en Pays Basque) à “rédiger un avenant aux contrats qui les lient à l’Education nationale”. Cette démarche doit notamment “préciser que l’immersion a un caractère facultatif, que c’est un choix des familles, qu’il ne s’agit pas de quelque chose de contraint, et qu’en définitive la finalité est la maîtrise des deux langues”, précise le député Kerlogot.

Plainte à l’ONU contre la France

La politique délibérée d’effacement identitaire autochtone observée en France est pointée du doigt par l’Organisation Non Gouvernementale ELEN, qui dénonce la “permanence d’une volonté d’éradication des langues territoriales autres que le français” et “une volonté de casser l’enseignement en immersion”. Cet organisme défenseur de l’égalité linguistique estime que l’Etat français “viole de nombreux droits fondamentaux prévus par des déclarations ou conventions internationales” et le rappelle “à ses obligations fondamentales de protection vis-à-vis de ses propres minorités linguistiques dans sa constitution”. Le 19 juillet, l’ELEN a député plainte contre l’Etat français auprès de l’ONU, en rassemblant ces différents arguments. Cette démarche engagée envers le pays des Lumières n’a été ébruitée ni par les apôtres de l’Egalité ni par les médias réputés pour leur tolérance culturelle. 

Esteve Valls