SOCIÉTÉ

L’Airbus de Khadafi va quitter définitivement Perpignan

9 ans de parcage à l’aéroport, avec une brève interruption

L'Airbus A340 du colonel  Kadhafi, à l'aéroport de Perpignan © La Clau
L'Airbus A340 du colonel Kadhafi, à l'aéroport de Perpignan © La Clau

L'Airbus de Kadhafi, cloué au sol à Perpignan, va partir définitivement pour la Libye, dans le cadre d’un accord entre la France et le pays du dictateur mort en 2011.

Après un vol d’essai, lundi 3 mai, l’avion personnel du colonel libyen Mouammar Kadhafi quittera l’aéroport de Perpignan, où il séjourne depuis bientôt 9 ans, avant la fin du mois. Après une première arrivée en 2012, doté d’équipements de luxe, cet Airbus A340 avait été réadapté comme avion ordinaire par la société EAS. Il avait alors perdu ses douches et toilettes flamboyantes, ses canapés en cuir et son lit géant, avant de regagner la Libye en 2013. Mais les autorités libyennes l’avaient renvoyé en Pays Catalan, où il a atterri le 17 mars 2014, pour le protéger des milices qui auraient pu s’en emparer.


Passée une longue stagnation sur le tarmac du Roussillon, l’avion du dictateur qui a régné pendant plus de 40 ans sur la Libye va prochainement retrouver son pays. Cette aéronef immatriculée 5A-ONE n’est pas étrangère aux stratégies d’Air France, qui l’a reçu du Conseil national de la transition, structure politique des opposants libyens. Air France l’a alors confié à EAS, qui a l’avantage de ne pas être en région parisienne, c’est à dire sous les projecteurs des médias mainstream.

Cet ancien jet privé rentre ainsi en Libye dans les prochains jours, sous la responsabilité de la compagnie d’Etat libyenne EACS.  Il comporte désormais 76 places et a conservé un canapé et son lit originels. Mouammar (Muammar) al-Kadhafi, qui a dirigé son pays pendant plus de quarante ans, a été tué à Syrte, en octobre 2011. Son avion personnel illustre autant la mégalomanie de l’intéressé que ses relations troubles entretenues avec l’État français, des liens qui perdurent en dépit d’un changement de régime à Tripoli.

Grégory Prujà