POLITIQUE

TGV. L’Etat préfère maintenant Toulouse-Bordeaux à Perpignan-Montpellier

Nouvelle relégation pour un projet envisagé depuis plus de 30 ans

© SNCF
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Après avoir été supplanté par Marseille-Nice, le TGV Perpignan-Montpellier est dépassé par Toulouse-Bordeaux. Une relégation révélatrice d’un arbitrage étatique préférentiel.

 

Après l’annonce, la semaine dernière, de la validation express de l’Etat concernant le projet de Ligne à Grand Vitesse Marseille-Nice (3,45 milliards d’euros) préférée au tronçon à Montpellier-Perpignan (7,9 milliards) pourtant envisagé avant, il y a plus de 30 ans, une autre information s’ajoute à la relégation de ce maillon. Le Premier ministre, Jean Castex, a fait savoir que le projet de LGV Bordeaux-Toulouse (6 milliards d’euros) va recevoir 4,1 milliards d’euros de l’Etat, dans un courrier adressé mardi 27 avril à la présidente de la région “Occitanie”, Carole Delga, et au maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.


Une concurrence territoriale sourde

Cette nouvelle avancée pour le réseau LGV national signifie que le projet de TGV Pays Catalan-Languedoc est de nouveau dépassé, et désormais classé non plus en deuxième, mais en troisième division. Cette humiliation, au nom d’une concurrence des territoires sourde, est le fruit d’un arbitrage exercé par le pouvoir central. Pour calmer d’éventuelles protestations dans les Pyrénées-Orientales, à l’approche des élections départementales, régionales et nationales, J. Castex indique qu’il a “décidé l’accélération de la section Montpellier-Béziers” (2,5 milliards) et précise qu’une “enquête publique commencera avant la fin de l’année 2021” afin de pouvoir, peut-être, lancer une déclaration d’utilité publique en 2022. Dans l’immédiat, aucune somme n’est débloquée, contrairement aux deux autres projets, plus récents mais plus avancés.

David Senyarich