POLITIQUE, ENVIRONNEMENT

Perpignan. Désaveu du préfet au sujet d’un abattage de cormorans

200 spécimens devaient être éliminés suite à un arrêté de 2020

Cormoran (Phalacrocoracidae) © Dirk Segl
Cormoran (Phalacrocoracidae) © Dirk Segl

La préfecture des Pyrénées-Orientales a improvisé une autorisation d’abattage d’oiseaux. Le Tribunal administratif l’oblige à annuler un décret de 2020. 

Suite à un recours formulé par le Groupe Ornithologique du Roussillon (GOR), le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé, le 8 avril, un arrêté du préfet des Pyrénées–Orientales autorisant le tir de 200 grands cormorans en Pays Catalan, où l'on comptait 1279 spécimens du volatile en 2017-2018. Ce texte promulgué le 27 janvier 2020 par Philippe Chopin avait déjà été suspendu par le juge des référés le 12 février 2020. Cette fois-ci, les magistrats ont sanctionné le représentant de l’Etat en considérant qu’il n’a pas rempli toutes les conditions afin de déroger à la protection des grands cormorans. L'arrêté est annulé et le préfet doit verser 2000 euros au GOR.


Les services de l’Etat n’ont fourni aucune étude

L’oiseau concerné est une espèce protégée, dont la sous-espèce “Phalacrocorax carbo sinensis”, visée par le texte, peut être régulée sous réserve de démontrer qu’elle nuit à l’économie. Concrètement, les dégâts provoqués sur les poissons ne sont pas prouvés, le préfet s’étant basé sur des requêtes de pêcheurs, sans solliciter aucune étude indépendante de l’administration.

Laura Pardineille