SOCIÉTÉ, ECONOMIE

Le jet privé de Kadhafi à Perpignan devient une épave

L’appareil, immobilisé depuis 9 ans, n’est pas revendable

L'Airbus A340 du colonel  Kadhafi, à l'aéroport de Perpignan © La Clau
L'Airbus A340 du colonel Kadhafi, à l'aéroport de Perpignan © La Clau

L’avion du colonel Kadhafi stagne depuis 9 ans sur l’aéroport de Perpignan, sans aucun destin, sinon sa dévaluation.

Qui voudra de l’avion du dictateur Kadhafi ? La stagnation de l‘avion personnel du colonel libyen, depuis 9 ans à l’aéroport de Perpignan, était une curiosité, mais elle devient un problème. Cet appareil, sujet d’une bataille judiciaire entre la Libye et la société koweïtienne Al Kharafi, est bloqué sur l’aéroport du Pays Catalan après avoir été saisi, en août 2011, par les forces d'opposition au despote oriental, dites “milices libyennes”.


Un avion historique

Ce jet privé, un Airbus A340 gardé l’entreprise Sabena Technics (ex-EAS Industries), figure au cœur d’un imbroglio judiciaire qui l’oblige à rester bloqué à Perpignan depuis 2014. Impacté par des tirs et éclats d’obus sur son fuselage, cet avion historique reste intact dans son intérieur, très luxueux. Transporté en Roussillon pour être remis en état et retrouver un usage classique, il a été récupéré en 2013 par le gouvernement libyen, mais la guerre civile libyenne a contraint à son retour à Perpignan en mars 2014. Au final, ne reste-il pas la possibilité d’ériger l’appareil en témoignage historique, sous forme muséale ?

Cet appareil, estimé à 60 millions de dollars en 2013, croupit à la Llabanère après que le le tribunal de grande instance de Perpignan a refusé, estimant qu’il appartenait à une nation souveraine, de le livre à une autre entité. Entouré de deux autres jets présidentiels africains, ceux du Bénin et de Mauritanie, ce A340 lancé autour de 1995 est déjà vieux. Dépensier en kérozène, il est devenu victime d’obsolescence et s’avère difficile à revendre.

Grégory Prujà