SOCIÉTÉ

“La décapitation ne changera rien”, selon la prof démissionnaire du Collège Camus de Perpignan

L’enseignante dénonce un système éducatif auto-censuré

Collège Albert Camus, quartier Saint-Gaudérique, Perpignan © La Clau
Collège Albert Camus, quartier Saint-Gaudérique, Perpignan © La Clau

Déclarations fracassantes de l’enseignante du collège Camus de Perpignan : “la décapitation ne changera rien au système éducatif”.

Une enseignante du collège Albert Camus de perpignan a démissionné de l'Education nationale après avoir été intimidée physiquement par deux élèves de 15 ans, puis téléphoniquement par leurs familles, le 18 septembre. Cette affaire révélée le 25 octobre a souligné la souffrance de cette professeur d’espagnol âgée de 41 ans, qui affirme n’avoir pas obtenu “le moindre soutien” de sa hiérarchie, au sein d’une institution qui ne la “défend pas".


“Les élèves et leurs familles ont le pouvoir”

Dans une interview parue mercredi 28 octobre dans le journal d’obédience socialiste “Información”, édité à Alicante, l’intéressée répond sans filtre au journaliste Vicente López Deltell. Dans sa confession garnie d’éléments tabous en France, elle fait allusion à l’exécution du professeur Samuel Paty, le 16 octobre en région parisienne : “la vie d’un professeur de collège en France n’est pas une vie, je pense que la décapitation ne changera rien au système éducatif. Elle observe que les enseignants français n’osent pas démissionner et “n’osent pas parler, rapporter les faits, raconter ce qu’il se passe”. L’ex-familière du quartier Saint-Gaudérique évoque un “rejet” de la part de ses collègues et du directeur de l’établissement, qui “joue sa carrière”, avant d’ajouter : “personne ne te défend”. Elle brise un tabou en révélant “la direction du collège m’a dit que, les premiers mois, je devais me consacrer à faire la police dans la classe, que je ne tente pas d’enseigner, que j’oublie le programme”.

Une omerta française ?

L’ancienne fonctionnaire française lance “Le pouvoir appartient aux élèves et à leurs familles, et aux directeurs, qui sont des agents administratifs, pas des professeurs. Personne ne veut être maître d’école en France, ni dénoncer une situation, car on sait que l’on obtient pas d’appui

Grégory Prujà