CULTURE

Les petites-filles de Walter Benjamin dénoncent un affront à l’histoire de leur famille à Perpignan

Les héritières du philosophe juif pourchassé par les Nazis critiquent Louis Aliot

Walter Benjamin (Berlin, 1892 - Portbou, 1940) / DR
Walter Benjamin (Berlin, 1892 - Portbou, 1940) / DR

Le centre d'Art contemporain Walter Benjamin de Perpignan, caillou dans la chaussure du maire, Louis Aliot ? Les héritières du philosophe juif-allemand s’insurgent contre la mairie. 

Walter Benjamin est devenu un enjeu politique à Perpignan. Le 30 juin, dans le journal Le Monde, une quarantaine de personnalités signait une tribune intitulée "Si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront plus en sûreté". Ils s’offusquaient que le centre d’art contemporain de Perpignan, ouvert et fermé par l’ancien maire, Jean-Marc Pujol (Les Républicains) ne soit rouvert par son successeur, Louis Aliot (Rassemblement national). Le philosophe juif-allemand Walter Benjamin, mort en 1940, reste un symbole ardent de la politique nazie envers les auteurs jugés contraires à ses idéaux.


Récupération pour “propager” les idées d’extrême droite ?

Le 15 octobre, la Ligue des droit de l’Homme a rediffusé un courrier des deux petites-filles et héritières de Walter Benjamin ont adressé un courrier à l’association “Prix Européen Walter Benjamin”. Dans cette missive de juillet, Mona et Kim Benjamin jugent que le nom du centre d’Art sert désormais à “promouvoir l’idéologie de l’extrême-droite”, puisque la municipalité a changé. Elles précisent que le maire et son parti “représentent tout ce contre quoi notre grand-père, ainsi que notre grand-mère Dora Benjamin, et notre père Stefan, se sont opposés émotionnellement, politiquement et intellectuellement. Le simple fait que le nom de Walter Benjamin puisse être utilisé pour célébrer ou propager les convictions de l’extrême-droite est un affront à l’histoire de notre famille”.

David Senyarich