SOCIÉTÉ

Université de Perpignan : début de revanche du professeur Caccomo

Entre tabou et gêne, le dessous des cartes reste occulte en Roussillon

Jean-Louis Caccomo, professeur d'économie à l'Université de Perpignan ©  JLC
Jean-Louis Caccomo, professeur d'économie à l'Université de Perpignan © JLC

Le professeur d’économie Jean-Louis Caccomo, enfermé de force en hôpital psychiatrique par l’Université de Perpignan, a retrouvé son poste. Mais les raisons des abus qu’il a subis restent inconnues.

L’histoire du sort réservé au professeur Caccomo de l’Université de Perpignan finira-t-elle par être rétablie dans sa clarté ? L’éminent économiste a fait l’objet d’un internement psychiatrique forcé, à partir de février 2013 à l’Hôpital de Thuir, sur la volonté de la direction de l’établissement. Le 1er mars paraissait “Le modèle français dans l’impasse”, son livre qui a fait connaître cet esprit libéral auprès d’une Université française généralement étatiste. Auparavant, en 2009, l’enseignant avait dénoncé un trafic de faux diplômes sur le campus du Roussillon, sujet entouré d’un savant silence. Sa mise au ban par les médias majoritaires a été générale, sans vérifications poussées.


L’affaire n’est pas tout à fait claire

Dans sa récente autobiographie « Le rescapé de l’âme », édité au Québec, Jean-Louis Caccomo détaille son séjour à l’hôpital psychiatrique des Aspres, qui a été condamné pour abus, l’année suivante. Fausses expertises psychiatriques, traitements médicamenteux appliqués à une fausse maladie mais engendrant de vraies affections et menaces d’électrochocs sont évoqués, dans un réquisitoire contre les errements de certaines méthodes médicales et certains tabous français. Les réseaux d’influence, l’entraide corporatiste et les intérêts opaques, notamment en Pays Catalan, ne sont pas laissés de côté.

Le professeur a réintégré ses fonctions à Perpignan, son entière réhabilitation est en cours, mais la contre-information sur sa mésaventure n’est pas réparée. Au pire de son parcours de marginalisation, J.L. Caccomo a contacté sans succès France Télévisions, le Canard Enchaîné, l’Agence France Presse (AFP), le Figaro etc. Midi Libre et l’Indépendant ont évoqué la condamnation de l’hôpital, mais le montage en épingle d’une affaire psychiatrique comme forme de représailles conserve sa part d’ombre.

Isabelle Fajal