ENVIRONNEMENT

Le massacre immobilier continue à Collioure

Un projet dans la roche, indirectement financé par l’Etat

Projet immobilier "Les terrasses impériales", Collioure, 5 août 2020 / LP-La Clau
Projet immobilier "Les terrasses impériales", Collioure, 5 août 2020 / LP-La Clau

Au mépris de l’environnement et du paysage, un programme immobilier est en cours à Collioure, confié à la société parapublique Icade.  

Un programme immobilier en cours de développement à Collioure signale la progression du béton dans des zones supposées sanctuarisées. Ce projet déjà commercialisé doit voir le jour en 2021, après la construction d’une vingtaine d’appartements de deux à quatre pièces. Le creusement dans la roche de schiste, sur des dizaines de mètres cube, est terminée, à flanc de la montagne, sous le fort Saint-Elme et à deux pas du centre de rééducation fonctionnelle “Mer Air Soleil”, route impériale.


La loi “ELAN”, un danger pour les paysages ?

Si la construction  galopante observée particulièrement en plaine du Roussillon, depuis les années 1990, est le fait de promoteurs immobiliers exclusivement privés, validés par les conseils municipaux, le programme colliourenc relève d’un autre processus. Il écoule de la politique de construction dans les “dents creuses”. Cette densification de l’habitat sur les terrains vierges entourés de bâti est contenue dans l’article L. 121-8 du Code de l’urbanisme, modifié par la loi “ELAN” du 23 novembre 2018, qui concerne le logement et l’aménagement.

Un géant de l’immobilier financé par l’Etat

L’assouplissement de la loi littoral, sous la présidence d’Emmanuel Macron, risque de donner à la côte catalane des allures de Côte d’azur ou des secteurs gâchés de la Costa Brava. Pour appuyer le massacre, ce projet côtier baptisé” les “Terrasses impériales” est porté par le groupe Icade, lotisseur promoteur sis à Issy-les-Moulineaux, en région parisienne. Ce géant de l’immobilier, titulaire d’un chiffre d’affaires de 263 millions d’euros en 2019, est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, qui détient près de 52% de ses parts de capital. Cette institution d’Etat, contrôlée par le Parlement, exerce des activités d’intérêt général.

Laura Pardineille