POLITIQUE

Avec Castex, le TGV Perpignan-Paris en 2040, vraiment?

Le 1er ministre promet une ligne déjà promise depuis longtemps

Le Premier ministre, Jean Castex, sur BFMTV, le 8 juillet 2020 © BFMTV
Le Premier ministre, Jean Castex, sur BFMTV, le 8 juillet 2020 © BFMTV

Jean Castex, 1er ministre issu du Pays Catalan, promet la ligne TGV Perpignan-Montpellier. Mais ce maillon a déjà été promis mainte fois.

Les déclarations du Premier ministre Jean Castex sur la Ligne à Grande vitesse (LGV) Perpignan-Montpellier suscitent une forte attente. Le 8 juillet, sur BFMTV, le chef du gouvernement a engagé sa parole sur la mise aux normes de ce maillon, dernière portion à faible vitesse sur l’axe Bruxelles-Séville. Cette ligne sera-t-elle réellement construite, après cet énième engagement officiel, qui fait suite aux promesses émises par tous les gouvernements depuis la présidence de Jacques Chirac ?
J. Castex promet "territoire par territoire" de "bâtir un plan extrêmement concret". Son plan pour la ligne Perpignan-Montpellier (“Montpellier-Perpignan” vu de Paris) s’insère dans la préparation de la loi d'orientation des mobilités. La ligne comporte 155 km de voie, dont 84 km mixte entre voyageurs et marchandises, de Montpellier à Béziers. Le projet doit être divisé en deux phases, la première visant la section mixte, réalisée  à partir de 2028, sur un budget d’Etat atteignant 950 millions d’euros. La deuxième phase, entre Perpignan et Béziers, devrait débuter en 2033, avec  un financement d’Etat de 1,9 milliard. Dans ce dossier politico-administratif, la création d’une “société de projet” doit permettre d’« anticiper le calendrier », selon J. Castex. La région Occitanie s’annonce comme partenaire de cette opération de connexion ferroviaire du Roussillon à la France.


Une inégalité de traitement institutionnalisée

A propos de ce projet, Jean Castex affirme vouloir "mettre toute (son) énergie à le faire avancer à une vitesse supérieure à celle qui est la sienne jusqu'à présent". Au mieux, les TGV attendus circuleront en 2040. Si le Premier ministre réussit, cette avancée démontrera l’importance de disposer, à Paris, d’élus issus des territoires extra-parisiens. Un engagement de l’Etat signifierait que l’inégalité de traitement entre les territoires français est instituée. Pour la vaincre, seul l’accès d’un élu (Aquitaine, Provence, mais surtout Bretagne) est la clé d’un développement périphérique. En ce sens, le mandat de la secrétaire d’Etat socialiste Ségolène Neuville, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion dans le gouvernement de Manuel Valls (2014-2017), élue des Pyrénées-Orientales, a été inutile pour combler les lacunes du territoire, tout en abondant au seul bénéfice d’une politique nationale hors-sol, sans implication charnelle.