SOCIÉTÉ

L’enseignement de l’arabe en question au lycée Arago de Perpignan

L’Etat n’assume pas la demande croissante

Lycée François Aragó, Perpignan © APG
Lycée François Aragó, Perpignan © APG

Le nombre d’élèves demandant d’apprendre l’arabe progresse à Perpignan, notamment au lycée Arago. Mais le ministère de l’Education nationale, via le rectorat, rechigne à répondre à la demande.

L’enseignement de la langue arabe suscite des atermoiements au lycée Arago de Perpignan, car cette matière est en situation d’«impasse». Cette observation accompagne un communiqué de presse que nous ont adresse, le 7 février, le Syndicat National des Enseignements du Second Degré (SNES) et Fédération Syndicale Unitaire (FSU). Leur responsable, Gérard Gironell, informe que le rectorat s’est engagé, depuis juin 2018, à développer le nombre d’heures dédiées, mais qu’en réalité «l’administration n’a eu de cesse de contingenter volontairement le volume horaire de l’arabe». Alors que la demande «ne cesse de progresser», on observerait une «absence réelle de volonté d’augmenter l’offre éducative». L’ouverture d’un deuxième groupe en classe de première et en terminale seraient nécessaires.


On reparle de l'enseignement «laïque» de l’arabe

En avril 2018, le SNES-FSU du lycée Arago de Perpignan avait averti de la déviation de l’enseignement de l’arabe vers des lieux religieux. Il précisait que la grande mosquée de la Fraternité de Perpignan recevait à cet effet 200 élèves par semaine. Cette fois-ci, en 2020, les mêmes observateurs voient comment l’Education nationale «préfère laisser les jeunes (surtout d'origine maghrébine) s'orienter vers l’enseignement des établissements religieux ou associations cultuelles ». Pire, ils constatent que nombre de lycéens sont «bien nourris de croyances religieuses anti-républicaines, chargés d'interdits et de rejets de l'espace laïc». En creux, la question posée est celle de la gêne de l’Etat dans un contexte de croissance de l’islam en France. Répondre à la demande de langue, indexée sur cette évolution, signifierait accepter cette croissance. La notion d’«arabe laïque», avancée par le SNES-FSU, n’est pas certaine de correspondre à une compatibilité avec le réel.