POLITIQUE

Romain Grau : «Député oui, mais utile pour Perpignan»

Le parlementaire du Pays Catalan affiche un bilan parlementaire profitable au Roussillon

Romain Grau : «Député oui, mais utile pour Perpignan»
Romain Grau : «Député oui, mais utile pour Perpignan»

Député depuis 2017, Romain Grau brigue la mairie de Perpignan aux élections de mars. Le parlementaire, qui a quitté sa zone de confort en démissionnant du poste de 1er adjoint du maire de Perpignan, défend un rôle national bénéfique à la capitale du Roussillon.

La Clau : À l’Assemblée nationale, vous êtes membre des groupes d’étude Villes et banlieues, Urbanisme, Sécurité ou encore Vigne et œnologie. Vous êtes rapporteur spécial du budget « police et gendarmerie » auprès de la commission des finances et vous êtes notamment intervenu, en séance, sur la TVA, la fraude fiscale et la santé. Cela sert à marquer des points, mais cela sert-il à Perpignan et au Roussillon ?


Romain Grau : un député agit pour la France mais on oublie souvent qu’il est aussi l’élu de quelque part. Je défends une action d’intérêt général, sans oublier ma terre d’élection, la 1ère circonscription des Pyrénées-Orientales. Je suis fier d’avoir empêché la suppression du train de nuit, Perpignan-Paris, qui est un outil de désenclavement évident. Sans être immodeste, je vous rappelle être à l’origine de l’obtention d'un poste de professeur pour l'école Jules Ferry de Toulouges, afin d'accueillir une classe d'enfants autistes. Je pense avoir oeuvré sans perdre de temps, en assurant d’autres avancées pour notre territoire, comme la création de 58 postes d'enseignants depuis 2017, 24 postes pour la Police aux Frontières et 26 pour la Police nationale, ainsi qu’une BRI (ndlr : Brigade de Recherches et d’Intervention) avec 12 effectifs. Ces personnels participent à la protection publique contre le grand banditisme et la drogue. Un nouvel Hôtel de police se préfigure également, car un budget a été obtenu. L’obtention du Plan Cœur de Ville, octroyé par le ministère de la Cohésion des territoires, est unique parmi les villes de plus de 100 000 habitants. La deuxième prison sur Perpignan et le projet de Cité Judiciaire en cœur de ville ont été obtenus, le CAPES de catalan a été sauvé. Bien sûr, tout cela fait un peu “catalogue”, mais comment faire autrement ? Ces progrès sont sans précédent depuis 2007. Être député, oui, cela me semble être utile, mais d’autant plus si c’est pour Perpignan.

Le site spécialisé « Nosdéputés.fr » note les parlementaires selon la quantité d’interventions, questions écrites et jours de présence. Cela vous parle ?

Pas du tout. Un député actif est un député qui travaille, non pas qui chauffe les bancs, comme certains à l’école. Je préfère agir pour l’économie en préservant le dédouanement au Marché International Saint-Charles, l’allègement des cotisations sociales pour l’emploi de travailleurs agricoles occasionnels et élargir l’autoconsommation d’énergie photovoltaïque à une population plus large, avec un impact particulier chez nous. Ces actions concrètes sont parallèles à mes engagements dans les commissions que vous avez citées. On peut ajouter le groupe d'études consacré aux jeux vidéo, un domaine important, car nos enfants sont happés par les écrans.

Quelles sont les inconvénients de votre mandat ?

Devoir renoncer à des moments en famille. Pour cette raison, je soigne les journées que je passe avec mon épouse et mes enfants. Sans commune mesure, ma fonction demande une certaine humilité lorsque des avancées, importantes, n’intéressent pas. Il s’agit là de la future installation d’une douche dans chaque cellule de la prison de Perpignan, ce qui va faciliter le travail des surveillants. Je peux citer la fermeture administrative de nombreuses épiceries de nuit, qui inquiétaient beaucoup de monde à Perpignan. Cette mesure n’a pas fait beaucoup de bruit. Tout cela a été accompli au nom de la nation, pour Perpignan. Sans cela, sans ces résultats, je ne me sentirais pas à l’aise dans mon mandat. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la fonction de député évite le « moi je », pour privilégier le « nous ». C’est exactement ce dont manque notre société contemporaine.

Entretien Martin Casals