CULTURE

Exposition sur l’art du faux tableau au Musée d’Art de Girona

Un regard sur la contrefaçon d’oeuvres de grands maîtres

Exposition « Faux vrais. L’art de tromper © Musée d'Art de Girona
Exposition « Faux vrais. L’art de tromper © Musée d'Art de Girona

La copie d’oeuvres de grands maîtres fait l’objet d’une exposition présentée à Girona. Généralement, la stratégie des falsificateurs est trahie par les techniques employées.

Comment distinguer une oeuvre authentique d’une oeuvre falsifiées ? Quelle place réserver aux imitations ? L’exposition « Faux vrais. L’art de tromper », présentée au Musée d’Art de Girona, tente de répondre à ces interrogations. Cette série artistique prend appui sur la découverte effectuée en 2016 par la directrice des lieux, Carme Clusellas. Celle-ci a décelé que le musée exposait depuis six ans une copie d’un retable de Saint-Jean Baptiste, de Pere Mates (1500-1558), parmi les grands peintres catalans de la Renaissance. La version authentique de cette oeuvre avait été placée aux enchères. A la suite, le Centre de restauration de Biens du gouvernement catalan a daté ces faux à 1921 au plus tôt. Ces oeuvres de bonne facture ont été trahis par les techniques, le support et les pigments employés à leur conception.


Coup de projecteur sur les grands faussaires

Cette exposition démasque les impostures de l’art authentique en évoquant les créations dites « faux vrais », si proches de l’original que certaines parviennent à traverser le temps et alimenter les marchés en passant inaperçues. Des oeuvres authentiques sont juxtaposées à leurs contrefaçons, pour titiller l’oeil du visiteur. Plusieurs séries de deux oeuvres, placées côte à côte, questionnent les notions de vrai et de faux. Plusieurs grands falsificateurs sont même mis en avant, tels Icilio Federico Joni, Eric Hebborn et Elmyr de Hory.
Cette exposition a pour commissaires Francesc Miralpeix, docteur en Histoire de l’Art de l’Université de Girona, et Joan Bosch, professeur en Histoire de l’art au sein du même établissement. Visible jusqu’au 19 avril, elle rappelle l’affaire des faux tableaux Etienne Terrus exposés au musée du même nom, à Elne, selon la révélation effectuée en 2018 par l’historien de l’art et commissaire d’expositions Eric Forcada.