POLITIQUE

Puigdemont pourrait rejoindre librement Barcelone

Questionnements sur la réalité de la «démocratie» espagnole

Carles Puigdemont, 130e Président du gouvernement catalan © Moncloa
Carles Puigdemont, 130e Président du gouvernement catalan © Moncloa

La justice européenne accorde à Oriol Junqueras, eurodéputé élu, le droit d’exercer son mandat. Une décision identique devait concerner Carles Puigdemont, 130e Président de la Catalogne, également privé de ses droits par l’Espagne en raison de sa participation active au processus indépendantiste.

Ce jeudi 19 décembre, la Cour européenne de justice a reconnu l’immunité du député européen Oriol Junqueras, leader de la Gauche République de Catalogne (ERC). Néanmoins incarcéré par l’Etat espagnol, ce leader indépendantiste a été élu à l'occasion des élections du 26 mai, mais a été empêché de siéger par la justice espagnole, qui a refusé de le libérer. La décision des juges du Luxembourg devrait entraîner la possibilité du retour en Catalogne du Sud du 130e Président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, exilé en Belgique. Ce même jeudi, le président du Parlement européen, David Sassoli, indiquait que l’ancien maire de Girona, symbole d’un souverainisme ouvert sur le monde, pourrait bientôt accéder à l’enceinte parlementaire « en tant que visiteur ». Puigdemont et Junqueras devraient pouvoir recouvrer leurs pleins droits de mandat sous un délai à définir, en vertu de leur statut, issu des urnes. Grâce au rétablissement de ses droits, Carles Puigdemont serait en mesure de regagner la Catalogne du Sud.


Désaveu européen envers la démocratie espagnole

Ce camouflé pour la justice espagnole est stipulé par la déclaration de la Cour, selon laquelle « une personne qui est élue au Parlement européen acquiert la qualité de membre du Parlement du fait et au moment de la proclamation des résultats électoraux, de sorte qu’elle bénéficie des immunités garanties ». Cette information relance le débat sur la qualité démocratique de l’Espagne, acquise en 1978, par contraste avec le régime précédent, d’ordre totalitaire, dirigé par le général Franco. Oriol Junqueras aurait dû quitter la prison dès son élection, mais l’Espagne l’a incarcéré de manière préventive pour et condamné le 17 octobre pour «sédition», à 13 ans de prison au motif de l’organisation du référendum du 1er octobre 2017, réprimé par le gouvernement central espagnol.